/sports/hockey
Navigation

Émilie Castonguay, l’ascension d’une pionnière

Une rencontre avec Pierre Gauthier a changé son destin

Journaliste
Photo courtoisie Avant de se lancer dans le métier d’agente, Emilie Castonguay a connu une carrière de quatre saisons dans la NCAA avec les Purple Eagles de l’Université de Niagara.

Coup d'oeil sur cet article

Le nom d’Émilie Castonguay n’est familier aux oreilles de bien des gens que depuis quelques années seulement. Pour ceux qui la connaissent, de voir qu’elle est devenue la deuxième femme à occuper le poste de directrice générale adjointe dans la LNH n’a rien d’une surprise. 

• À lire aussi: Plafond de verre brisé à Vancouver

• À lire aussi: La pionnière dans la LNH est «enchantée»

• À lire aussi: Olivier Fortier «très fier» de son ancienne associée

Le hockey a toujours fait partie de la vie de Castonguay. Native d’Outremont, elle a fait ses débuts au hockey mineur à l’âge de sept ans pour ensuite évoluer pour les programmes du Collège Notre-Dame, puis du Collège Jean-de-Brébeuf.

En 2005, elle obtient une bourse d’études pour rejoindre les Purple Eagles de l’Université de Niagara, à Buffalo. Elle passera quatre saisons avec cette équipe, étant notamment nommée capitaine à sa troisième année.

Émilie Castonguay lors de son passage avec les Purple Eagles de l'Université de Niagara.
Photo courtoisie
Émilie Castonguay lors de son passage avec les Purple Eagles de l'Université de Niagara.

Castonguay a d’ailleurs souvent raconté qu’elle n’était qu’une joueuse de troisième trio pour ce programme. Toutefois, son impact allait bien plus loin que ça, assure son entraîneuse de l’époque, Margot Page.

« Émilie, c’était une personne extraordinaire qui était capable de combler n’importe quel rôle, a raconté celle qui dirige aujourd’hui le programme de hockey féminin de l’Université Brock, en Ontario. Je me rappelle qu’elle était très cérébrale, intelligente et qu’elle avait une compréhension du jeu au-dessus de la moyenne. C’était une pièce extrêmement importante pour notre vestiaire. Tout le monde lui faisait confiance. »

UN ÉTÉ TRAGIQUE

L’été 2008 a été un point crucial dans le parcours de Castonguay puisque c’est à ce moment qu’elle a perdu sa sœur, Valérie, victime d’une erreur médicale alors qu’elle devait subir une intervention chirurgicale au nez, une rhinoplastie. 

Lundi dernier, Castonguay avait raconté que lors de leur dernière conversation, la veille du drame, sa sœur lui avait prédit qu’elle dirigerait un jour les Canucks.

Solidaires, toutes les coéquipières des Purple Eagles avaient assisté aux funérailles de Valérie. À ce moment, Mme Page ne croyait pas qu’elle compterait sur sa capitaine pour la saison suivante. Quelque temps avant le décès de sa sœur, elle avait subi une intervention chirurgicale à l’épaule.

« J’étais très surprise de la revoir. Elle était revenue et avait repris là où elle avait laissé. On n’avait jamais vraiment senti qu’elle était différente parce qu’elle était tellement déterminée à réussir. C’est pourquoi je ne suis pas surpris du tout de la voir où elle est. Émilie va aller où elle veut dans la vie. Il n’y a pas de limite à son potentiel. »

CH ET MOMENTUM

Castonguay a finalement obtenu son diplôme en finances-marketing à Niagara en 2009 avant de revenir au Québec où, un an plus tard, elle a entamé des études en droit à l’Université de Montréal. 

En 2013, elle rencontre le directeur général du Canadien, à l’époque, Pierre Gauthier, qui lui conseille de se tourner vers le métier d’agent.

« Pierre a vraiment été un mentor pour moi. Il m’a beaucoup appris. Je suis convaincue que c’est une grande journée pour lui aussi de savoir que j’ai obtenu ce poste », a-t-elle dit lors de la conférence de presse organisée à la suite de sa nomination, lundi dernier.

Elle fait donc son entrée chez Momentum Hockey, une agence alors dirigée par Christian Daigle et pour laquelle évoluait déjà l’ancien espoir du Tricolore Olivier Fortier.

Elle débute avec, comme seule cliente, Marie-Philip Poulin.

« À un moment donné, on avait besoin de quelqu’un pour gérer les communications avec la LNH et les commandites. Christian lui avait alors confié ce rôle. Puis, lorsqu’Alexis (Lafrenière) a eu 17 ans, on voyait le potentiel d’un premier choix au total et ça demandait que quelqu’un s’en charge à temps plein. Alors Émilie s’en est occupée beaucoup », se rappelle Fortier en entrevue au Journal.

LE RESPECT

Puis, elle gagne le respect, non seulement de ses pairs, mais aussi des grosses pointures de la LNH.

« Elle n’a jamais eu peur d’appeler, par exemple, Don Fehr (le président de l’Association des joueurs) pour avoir des conseils. Rapidement, les gens du milieu ont compris en lui parlant qu’elle connaissait son hockey autant qu’eux. Le respect est venu immédiatement. »

Puis, le 29 janvier 2021, Daigle s’est enlevé la vie. Fortier et Castonguay ont alors pris le contrôle de Momentum Hockey.

« On faisait tout ensemble, de A à Z. On s’est beaucoup rapprochés. Émilie est une fille très discrète sur sa vie privée et j’ai appris l’histoire avec Vancouver et sa sœur il n’y a qu’un an. Émilie ne fait pas confiance rapidement, mais quand tu entres dans son seuil de confiance, elle va aller te chercher partout si tu es dans le trouble, même en Chine. »

Reste maintenant à voir comment sera la relation entre les deux lorsqu’ils auront à négocier le contrat d’un client de Momentum Hockey !

À voir aussi 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.