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Une «dictature» qui respecte les non-vaccinés

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Photo d'archives, Agence QMI Les pancartes « dictature » dans les manifestations antivaccins ne peuvent pas être prises au sérieux.

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Les personnes qui refusent la vaccination se racontent parfois une histoire selon laquelle ils seraient victimes d’une dictature. Nous avons eu des exemples cette semaine de l’immense niveau d’humanité et de respect dont ils bénéficient au Québec.

Il y a peu de cadeaux plus précieux qui puissent être faits à un être humain qu’une greffe. Une autre personne a accepté de donner ses organes, c’est déjà énorme. Les organes disponibles demeurent rarissimes et être choisi comme receveur représente toute une bénédiction. Ajoutons le coût très élevé des soins, de la chirurgie jusqu’au suivi postopératoire.

Le don et la greffe d’organes représentent néanmoins une merveilleuse avancée qui sauve des vies. Les personnes qui patientent en attente d’un don d’organe s’accrochent à cet espoir, parfois pour retrouver une qualité de vie, parfois pour survivre tout court.

Sauver la vie

Au moins trois greffes de poumons ont été offertes à des victimes de la COVID-19, non vaccinées, dont les poumons furent carrément détruits. Compte tenu de leur âge et de leur état de santé, on peut affirmer avec un bon niveau de certitude que la vaccination aurait prévenu cette forme grave de la maladie.

Ils auraient eu de meilleures chances d’éviter de contracter la COVID-19. Mais ils auraient surtout eu une probabilité très forte de faire un peu de fièvre, de subir un peu de fatigue pendant quelques jours et de s’en sortir avec un minimum de dommages. Sauf qu’ils ont refusé un vaccin efficace, sécuritaire, gratuit et facilement accessible.

Leur choix ne les a pas privés d’obtenir ce que notre système de santé peut offrir de mieux : une greffe. Les propos du médecin rapportés par La Presse résument le caractère sacré de l’accès aux soins pour tous.

En fait, compte tenu de la virulence de la COVID-19 et des dommages à leurs poumons, ils ont été inscrits sur une liste urgente. Leur greffe devenait prioritaire sur d’autres. Ils ont reçu des poumons neufs en dedans de quelques semaines, passant devant d’autres malades qui attendent depuis plus d’un an.

Ils sont passés devant pour des raisons médicales. C’est ce que nos autorités martèlent : la médecine s’affaire à protéger des vies indépendamment des décisions préalables des individus. Les non-vaccinés doivent remercier cette approche.

Dur refus

Ce n’est pas ce qui se produit partout. Récemment, nous avons aussi vu passer des cas contraires. Un hôpital de Boston a refusé une transplantation cardiaque à un homme de 31 ans qui est hospitalisé dans une condition fragile depuis novembre. N’étant pas vacciné, les risques que la greffe tourne mal dans son cas sont accrus, et on passe au suivant.

Une mère de 29 ans s’était vu refuser une transplantation de poumons au Nevada en octobre dernier. L’assurance refusait de payer pour une greffe compte tenu du risque pour une personne non vaccinée. Toujours en octobre, une femme de Cleveland en Ohio a vécu un refus pour une greffe de foie, avec le même motif.

Pas si pire notre dictature.