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Une journée sans hijab

Three muslim women or girls wearing hardscarf / hijab
Photo Adobe Stock

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Ce 1er février constitue le 5ième anniversaire du #NoHijabDay, soit la journée SANS hijab, initiée par la canadienne Yasmine Mohammed. Il s'agit d'une journée de solidarité et de soutien à celles qui veulent enlever leur hijab, l'ont enlevé ou s'opposent à son objectif misogyne.  

Cet anniversaire coïncide, cette année, avec la campagne #LetUsTalk, Laissez-nous parler, qui a incité de nombreuses personnes de culture musulmane à partager leurs photos en hijab alors qu’elles étaient forcées à le porter. Ces femmes, qui se font accuser d’islamophobie lorsqu’elles racontent leurs histoires et qui craignent l'idéologie islamiste, doivent être entendues. 

Au Canada 

Le Conseil national des musulmans canadiens reconnait que le hijab est obligatoire dans certaines familles canadiennes et peut mener à des conflits.  

Ce fut le cas de Yasmine Mohammed qui a été contrainte par la violence à porter le hijab dès l’âge de 9 ans, puis le niqab à l’âge de 19 ans. Sa mère a déjà menacé de la tuer. À cause du voile, elle est en rupture avec sa famille depuis maintenant presque 20 ans. 

D’autres cas existent dont ceux de deux adolescentes âgées de 16 ans. Aqsa Parvez, une jeune Ontarienne qui refusait de porter le hijab, a été tuée par son père et son frère tandis qu’une adolescente de Victoriaville, mariée de force et contrainte par son fiancé à porter le hijab, a dû fuir le domicile familial de peur d’être frappée. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Marie-Claude Girard sur QUB radio : 

Pression sociale 

La journée #NoHijabDay ne vise pas à nuire aux femmes qui adhérent à un certain fondamentalisme religieux. Consciente des dangers qui pèsent sur celles qui désirent s’affranchir du hijab, Mme Mohammed précise, dans la campagne #NoHijabDay, qu’elle ne demande pas aux femmes de retirer leur hijab.  

La liberté de religion constitue un droit qu’il faut défendre, mais l’adhésion à des pratiques religieuses doit être volontaire. 

Il faut être conscient que, dans chaque groupe, une pression s’exerce pour que ses membres se conforment à ses normes. Quand cette pression s’accompagne de menaces ou de violences, la situation doit être dénoncée. 

Droit à l’égalité 

Si la liberté religieuse mérite d’être défendue, elle ne saurait justifier de restrictions aux droits des femmes. Plusieurs traités internationaux reconnaissent d’ailleurs que la liberté de religion peut être limitée par le droit d’autrui, dont la Déclaration sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination sur la religion ou la conviction

Des traditions qui entravent l’égalité ou l’autonomie des femmes doivent aussi être dénoncées.  

Accusations d’islamophobie 

Le débat s’envenime lorsqu’on y intègre la notion d’islamophobie. Selon le professeur émérite Sami Aoun, « le plus souvent, cette notion est acceptée sans distance critique et est utilisée par complaisance ou est instrumentalisée par activisme. » 

Il est important d’écarter les accusations d’islamophobie adressées aux femmes qui racontent leurs histoires et de les écouter attentivement si l’on veut atteindre une véritable égalité entre les sexes dans notre société. 

Comme le dit si bien Yasmine Mohammed : « J’entends constamment des femmes dont la vie a été ruinée à cause de ce morceau de tissu. Il est profondément insultant et exaspérant de voir des personnes qui ne comprennent pas notre combat pontifier sur cette question. »  

La force collective des femmes a été et est encore la condition sine qua non de leurs avancées sur le terrain de l’égalité. Des hommes ont aussi, de tous temps, accompagné les femmes dans cette quête. Ensemble, nous devons appuyer la journée sans hijab et la campagne #LetUsTalk pour une société plus juste. 

Three muslim women or girls wearing hardscarf / hijab
Photo Courtoisie

Marie-Claude Girard, retraitée de la Commission canadienne des droits de la personne

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