/news/currentevents
Navigation

Une vendeuse Tupperware gagne sa bataille

Coup d'oeil sur cet article

Une directrice Tupperware vient de remporter une importante bataille contre la Ville de Roberval, au Lac-Saint-Jean. 

La municipalité s’était tournée vers les tribunaux pour empêcher la dame de vendre ses produits chez elle, après qu’une personne du voisinage se soit plainte des livraisons et déplacements des clients dans le quartier.

C’est en novembre 2019 que toute cette histoire a débuté. Un inspecteur municipal est allé frapper à la porte de Sylvie Savard pour lui dire que ses activités commerciales étaient interdites en zone résidentielle.

«Là, on me dit que je n’ai plus le droit de vendre des Tupperware chez nous. Moi, j’ai fondu en larmes. Ce n’est pas compliqué. Je les aime mes Tupperware et je les aime mes clientes», a affirmé Mme Savard, vendeuse Tupperware depuis plus d’une dizaine d’années.

«Il me disait que j’étais comme un commerce, comme un Home Hardware, au lieu de me considérer, par exemple, comme un salon de coiffure. Si on calcule le nombre de personnes qu’une coiffeuse reçoit par jour chez elle, c’est beaucoup plus que ce que moi je reçois chez moi», a-t-elle ajouté.

La Ville est même allée jusqu’à lui remettre un constat d’infraction de 500 $.

«Ils m’ont aussi envoyé une lettre enregistrée comme quoi il fallait que je vide tout mon sous-sol. Je me suis dit "attends un peu là, on se retrousse les manches et on fonce". J’ai mis plein de projets de côté. J’ai pris l’argent. Et je me suis dit "je me paye un avocat"», a expliqué Mme Savard.

Déterminée à conserver son gagne-pain et sa passion, Sylvie Savard a déboursé plus de 8 000 $ en frais d’avocats. Deux ans plus tard, elle vient d’obtenir gain de cause devant la Cour supérieure, lui permettant ainsi de poursuivre ses activités à sa résidence, comme elle le fait déjà depuis plusieurs années.

«Le jugement vient nous confirmer que madame peut effectivement, en vertu du règlement de zonage, faire le commerce de Tupperware dans sa résidence», a indiqué son avocat Me Francis Boucher.

Une décision contraire aurait eu des impacts pour plusieurs travailleurs autonomes.

«Même la personne qui achète des cartes de hockey, et qui va aller revendre ses cartes de hockey sur Internet, n’aurait pas pu effectuer ce commerce-là, selon l’interprétation que la Ville en donnait», a ajouté Me Boucher.

D’ailleurs, Sylvie Savard a affirmé que ses démêlés avec la Ville de Roberval ont provoqué beaucoup d’inquiétudes chez d’autres «entrepreneurs à domicile» qui vendent différents types de produits. Elle est soulagée de la décision pour elle, mais aussi pour toutes les autres vendeuses. Plusieurs sont des femmes au foyer qui réussissent à se faire un salaire grâce à ce type d’activités.

«J’étais contente. J’avais le goût de danser et sauter. Ça va aider pour tous les autres problèmes qui arriveront avec les autres madames qui vendent des leggings, du Arbonne, du Scentsy, n’importe quoi. S’il arrive quelqu’un d’autre qui reste même dans une autre ville, qui n’ont pas de règlement, qui sont entre deux chaises, ça pourra peut-être servir de jurisprudence», a affirmé Mme Savard, découragée d’avoir dû se rendre jusque là pour gagner sa vie. Elle ajoute que le principe de la compagnie Tupperware est justement de vendre les produits à domicile.

La Ville de Roberval a refusé de commenter la décision. Ses avocats souhaitent analyser le jugement avant de se prononcer. La municipalité dispose de 30 jours pour porter la décision en appel.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.