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1000 $/h pour des consultants dans le gâchis RENIR

Québec doit payer 18 M$ pour des sous-traitants durant trois ans pour le projet

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Photo courtoisie, SQ et d’archives Ann Mathieu, de la Sûreté du Québec (en mortaise), affirme que le système RENIR devrait être déployé d’ici 36 mois.

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Incapable d’accélérer l’implantation de son réseau de communication d’urgence, Québec doit se résigner à payer des consultants 1000 $/h et permettre à la SQ de dépenser encore des millions pour maintenir en vie la vieille technologie parallèle. 

• À lire aussi: Le ministère de la Santé tanné des ratés du RENIR

Le gouvernement du Québec s’enlise encore dans les dépenses avec l’espoir de déployer son Réseau intégré de radiocommunication d’urgence (RENIR) :     

  • le ministère de la Cybersécurité et du Numérique doit avoir recours à des services-conseils à 1000 $ l’heure durant trois ans (18 millions $) pour répondre aux attentes des autorités et de sa clientèle ;     
  • la Sûreté du Québec (SQ) doit signer un nouveau contrat de gré à gré de 30 millions $ à Bell et Telus pour maintenir en vie jusqu’en 2025 le vieux réseau de communication parallèle qui a atteint sa fin de vie utile en 2016.          

Les policiers doivent toujours s’en servir, car le RENIR n’est déployé qu’à 44 % sur le territoire.  

En octobre 2020, la vérificatrice générale a d’ailleurs déposé un rapport accablant sur le RENIR.

Elle y expose la dépendance de Québec à l’égard du seul fournisseur Motorola qui a empoché 232 M$.

Mais encore, plus de 16 ans après son démarrage, le projet a déjà coûté plus d’un milliard $ à Québec même si 78 % des services d’urgence boudent le service.  

Le gouvernement a promis de régler les problèmes. Un décret devait être diffusé en septembre 2021 afin de forcer tous les services d’urgence à payer les services du RENIR.

Or, ce décret n’existera pas tant et aussi longtemps que RENIR ne sera pas à 100 % fonctionnel et efficace, a confirmé en entrevue le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire.  

  • Écoutez l’entrevue de Benoit Dutrizac avec Éric Caire, Ministre de la Cybersécurité et du Numérique, sur QUB radio:

La bonne technologie, dit-il

Pour ce projet, le ministre ne veut pas être jugé pour les erreurs du passé, mais sur les décisions qu’il a prises pour ce projet depuis qu’il est en poste.  

Il plaide que la Sûreté du Québec est maintenant satisfaite et qu’elle a confiance en RENIR, en raison des améliorations qui ont été intégrées.

« On a une solution maintenant pour les zones urbaines [...] on a des terminaux qui sont à la fine pointe des technologies d’actualité », indique-t-il.

« Est-ce que ça nous coûte trop cher par rapport à ce qu’on aurait dû payer ? Oui. Mais, moi j’ai un contrat signé en 2017 avec Motorola, jusqu’en 2027. »  

Ainsi, le ministre persiste et signe : RENIR est la bonne technologie.  

Il affirme aussi qu’il ne peut pas faire de miracles. « On ne peut pas déployer le projet partout en même temps. On a une capacité X », plaide-t-il, espérant que le gouvernement aura complété le réseau d’ici 2025. 

C’est pour cette raison que de coûteux contrats doivent encore être signés. De plus, il dit que la pénurie mondiale de composantes informatiques ralentit l’acquisition des équipements et nuit au projet.  

Qu’est-ce que RENIR ?  

Un système qui permet aux services d’urgences de communiquer lors d’événements, par exemple les radios des policiers et des ambulances. Le projet amorcé en 2008 devait coûter 144 M$ et être actif partout en 2014. En raison des ratés, le projet a maintenant dépassé le milliard et est seulement implanté à 44 % à la SQ.  


Deux nouveaux volets de dépenses pour RENIR jusqu’en 2025

Contrat de 18 M$ pour des consultants afin :  

  • d’améliorer la cybersécurité    
  • de mettre à niveau le système    
  • de gérer la désuétude    
  • d’alimenter le système électrique des sites du RENIR        

Contrat de 30 nouveaux millions $ pour la SQ afin :  

  • de maintenir en vie le Réseau national intégré de radiocommunication, un vieux système parallèle et désuet pour la SQ.        

Sources : ministère de la Cybersécurité et du Numérique et SEAO

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