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Mère porteuse: un don de soi, un don de vie

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Deux Français qui rêvaient de fonder une famille depuis des années ont pu compter sur une femme de la Mauricie qui voulait aider le couple à réaliser son rêve et qui voulait vivre une deuxième grossesse.

Samuel, Johan et Kathleen Deveault forment une équipe unique.

«De connaître l’émotion, de savoir ce que ça fait de vouloir à tout prix un enfant et que ça fonctionne pas, c’est une des raisons pourquoi j’ai voulu le faire pour d’autres personnes. Parce que je sais ce que c’est», a expliqué la mère porteuse.

Le processus a pris un an et demi, des mois pendant lesquels Johan et Samuel ont suivi la grossesse à distance, tous les jours.

«On a connu quelques complications sur la grossesse», a confié Samuel. «Ce qui a été assez étrange sur ces complications, c’est que Kathleen a passé son temps à s’excuser alors que pour nous, à l’autre bout du monde, elle faisait le plus beau geste qu’on puisse imaginer.»

«Je pense que c’est pire quand ce n’est pas notre enfant», a expliqué Kathleen Deveault. «Je ne sais pas comment j’aurais pu surmonter si on avait perdu l’enfant.»

Avoir recours à une mère porteuse est tout à fait légal au Québec, mais ce qui ne l’est pas est de rémunérer une femme pour le faire. Les parents d’intention doivent toutefois assumer tous les coûts, que ce soit les vêtements de maternité, l’épicerie supplémentaire, la perte de salaire, et même l’essence pour se rendre aux rendez-vous.

Le recours aux mères porteuses fera d’ailleurs partie de la refonte du droit de la famille proposée par Québec.

En attendant, comme la pratique n’est pas encadrée, le contrat signé entre les parties n’est pas exécutoire. Tout le monde peut ainsi changer d’avis à tout moment. Par exemple, la mère porteuse, même si ce ne sont pas ses ovules, pourrait décider de garder l’enfant, alors que les parents d’intention pourraient aussi se désister.

Malgré cette incertitude, Kathleen n’a pas hésité. «C’est la plus belle chose que j’ai faite dans toute ma vie.»

Depuis la naissance de Vadim, ses deux papas sont comblés, mais un seul est légalement parent. Celui qui n’est pas géniteur devra donc adopter son propre fils. Pour l’avocate spécialisée en droit de la famille Doreen Brown, c’est un des points qui devront être revus dans la réforme. «C’est seulement le papa génétique qui est inscrit sur le certificat de naissance. Pourquoi pas les deux parents tout de suite?»

Samuel et Johan retourneront bientôt en France avec leur fils, mais Kathleen fera partie de leur vie à tout jamais.

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