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Bruno Cossette est en colère

«Je me sens comme si on avait plus le droit de critiquer aucune décision du gouvernement.»
Photo courtoisie «Je me sens comme si on avait plus le droit de critiquer aucune décision du gouvernement.»

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Je veux vous parler des gens qui sont allés manifester à Ottawa et de ceux qui convergeront vers Québec en fin de semaine. 

Pas ceux qui tiennent des propos racistes en brandissant le drapeau nazi, pas ceux qui urinent sur des monuments ou empêchent les citoyens de dormir à force de klaxonner. Je veux vous parler des autres. Ceux qui iront manifester pour des raisons qu’ils jugent légitimes. Ceux à qui François Legault a tendu la main. 

Fatigue pandémique 

Bruno Cossette est l’une de ces personnes. C’est un citoyen qui a adhéré aux mesures et qui là, pour plein de raisons, trouve que c’est assez. Je souligne au passage que cet ancien militaire, que l’armée a envoyé en Afghanistan, n’avait jamais pris part à une manifestation de sa vie jusqu’à tout récemment. D’ailleurs, lorsqu’il a participé à sa première manif (pour protester contre le passeport vaccinal), il était doublement vacciné. « Je ne critique pas le vaccin, je critique le passeport et la durée des mesures. » 

«Je me sens comme si on avait plus le droit de critiquer aucune décision du gouvernement.»
Photo courtoisie

Quand je lui demande s’il prendra sa troisième dose, la réponse est non. Par protestation. Il souligne être solidaire avec le personnel de la santé, mais ne trouve pas que l’approche du gouvernement par rapport à la vaccination est la bonne. Au contraire. En traitant les gens qui ont des réticences envers la vaccination de covidiots et autres sobriquets, on ne fait que jeter de l’huile sur le feu. On ne fait que les éloigner davantage de la société. 

«Je me sens comme si on avait plus le droit de critiquer aucune décision du gouvernement.»
Photo courtoisie

Entretenir la peur des non-vaccinés

« Je suis tanné qu’on stigmatise les gens et qu’on les salisse sur la place publique. C’est rendu que quand t’es pas vacciné, t’es un paria de la société, tu ne peux plus rien faire. » Je souligne tout de même à Bruno que les commerces essentiels demeurent ouverts pour tous. Aussi, je trouve ironique qu’un homme qui a vu un pays comme l’Afghanistan, où les droits de la personne sont bafoués, puisse trouver que la liberté des Québécois est en péril. 

« Je ne dis pas que c’est la même affaire, je dis qu’on prend notre liberté à la légère. Elle est précieuse. Des hommes et des femmes sont morts pour la défendre. »

«Je me sens comme si on avait plus le droit de critiquer aucune décision du gouvernement.»
Photo courtoisie

À propos de cette liberté, justement, est-ce que bloquer des rues et paralyser une ville n’entrave pas celle de ses citoyens ? « On ne devrait pas avoir à faire ça, aller manifester, bloquer une ville parce que c’est sûr que c’est pas idéal. »

Des barreaux dans la tête

Bruno Cossette déplore que le prolongement des mesures sanitaires ait un effet considérable sur la santé mentale des gens. La sienne aussi. « Je me sens comme si j’avais des barreaux dans la tête. »

Il s’inquiète du climat toxique et de la montée de la violence. « Quand moi-même je commence à avoir de la misère à contrôler ma colère, je me demande ce que d’autres personnes, qui n’ont pas eu mes privilèges, seront prêtes à faire si ça continue. La violence me fait peur parce que comme militaire, j’en ai été témoin. »

Je pense que vous avez compris, Bruno est marqué par son passage à Kandahar. Et il est contre toute forme de protestation violente. « C’est inacceptable qu’on intimide des journalistes ou qu’on brise des affaires. Mais si le monde comme moi trouve que ç’a pu de bon sens ce qui se passe, c’est très inquiétant. »

«Je me sens comme si on avait plus le droit de critiquer aucune décision du gouvernement.»
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Mais même s’il est profondément blessé par l’approche du gouvernement Legault envers une partie de la population, il croit encore que la démocratie doit l’emporter. Pas la violence, pas la haine. 

« Moi, je veux voir de la franchise de Legault. Il doit tendre la main, mais aussi les oreilles. De l’écoute, c’est ça que ça prend. Des deux côtés. »

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