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Du respect pour Manawan

Coupes Manawan
Photo d'archives

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Ce n’est pas seulement l’eau potable qui manque à Manawan, mais le respect des droits fondamentaux des 2000 êtres humains qui l’habitent.

Des injustices criantes

Après avoir été dépossédés d’une grande partie de leur territoire ancestral ; avoir vécu les traumatismes des pensionnats autochtones ; avoir vu une des leurs, Joyce Echaquan, endurer un racisme qui a contribué à sa mort ; et subi des coupes forestières massives sur le peu de territoire vital qu’il leur reste, les Attikameks de Manawan montent le ton. 

Il est temps qu’on les écoute ! 

Ces injustices ne tiennent pas d’un phénomène naturel. Elles sont socialement construites par un ensemble de décisions inéquitables et parfois même racistes, prises au fil du temps. Il est donc possible d’y remédier en ayant le courage de changer.

Notre nation québécoise ne tolérerait pas d’être traitée comme on traite les nations autochtones. Ce constat pourrait être l’amorce d’une réflexion porteuse de changements pour stopper des injustices qui perdurent.

Le cas des forêts de Manawan

Le gouvernement du Québec accorde des droits de coupe sans le consentement libre et éclairé des Attikameks sur leur territoire. Quant aux bénéfices économiques, très peu profitent à la communauté. Des compagnies empochent. 

Voilà qui est contraire à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones entrée en vigueur au Canada en juin 2021 et appuyée par le Québec. 

Si l’industrie a tendance à voir des 2x4 et des $ en regardant une forêt, pour des anciens comme Robert Echaquan, cette richesse ne se calcule pas en argent. « On est en train de détruire l’héritage reçu de nos parents, qu’on ne sera pas capable de laisser à nos enfants » m’explique-t-il au téléphone, alors qu’il combat un cancer. « La forêt, c’est notre frigidaire, notre garde-manger, notre pharmacie, mais c’est surtout là que notre culture survit. »

C’est pour cela que le Conseil des Attikameks de Manawan a passé un règlement unilatéral faisant arrêter les travaux d’une entreprise forestière. Il faut que Québec respecte leurs décisions. 

Mikwetc (merci) de protéger la vie.