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Manifestants prêts à prendre les armes: Legault critique des partis de l'opposition

Les élus sont visés par des menaces de mort et des messages haineux

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Le premier ministre François Legault a sauté dans l’arène en accusant des partis de l’opposition de cautionner les menaces de violences armées émises par certains manifestants anti-mesures sanitaires.

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Dans un article publié par la Presse canadienne mercredi, l’un des organisateurs de la manifestation des camionneurs qui a eu lieu à Québec le week-end dernier a affirmé que certains étaient prêts à prendre les armes. 

«Vous attendez quoi : que des drames arrivent, host**? J'ai mal à mon Québec», a affirmé Kevin «BIG» Grenier. «Quand tu vois que le gars te dit "je suis prêt à aller prendre les armes, puis à aller au parlement", j'étais là : "ben voyons donc, ne fais pas ça, mon chum; on va essayer de s'en sortir intelligemment", et lui, il dit : "mais qu'est-ce qu'il reste d'intelligent dans le monde, Monsieur Big ?» 

Des oppositions à Québec ont affirmé que ces propos étaient « inacceptables » mais qu’ils devaient être pris au sérieux. «Le gouvernement de son côté doit prendre acte qu’il y a en ce moment de plus en plus de gens qui se posent des questions, et être encore plus transparent», a dit le député libéral André Fortin.  

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Cautionner la menace

À la suite de cette déclaration et en réaction aux menaces, le premier ministre Legault a accusé le PLQ et le PQ de cautionner les menaces. 

«Franchement là, le Parti libéral du Québec et le Parti Québécois sont désespérés. C'est totalement irresponsable de venir cautionner des gens qui menacent de prendre les armes contre les consignes sanitaires en disant : "Ils ont un peu raison c'est la faute du gouvernement". Écoutez-là, ça n'a pas de bon sens », a déclaré le premier ministre lors d’une courte mêlée de presse jeudi matin.  

François Legault a ajouté que des mesures étaient en place afin d’assurer la sécurité des élus. «On va prendre toutes les mesures avec les policiers pour protéger les membres de notre gouvernement, pour me protéger», a-t-il mentionné. «J'espérerais avoir l'appui de l'opposition.» 

La ministre de la Sécurité publique a également aussi assuré que la sécurité était «en permanence» renforcée.  

«Il faut prendre au sérieux le fait que les gens ressentent de la pression et sont tannés de la pandémie», a-t-elle dit. «Mais, pour tout ce qui touche la violence, les menaces, l'intimidation, des propos irrespectueux, la haine sur les réseaux sociaux, tout ce que vous voudrez, et moi j'en reçois, le premier ministre en reçoit [...] on est extrêmement vigilant.» 

Un « avertissement »

Les idées violentes exprimées par de nombreux manifestants venus à Québec la fin de semaine dernière doivent être perçues par les chefs d’État comme un signe du sérieux de la situation, croit quant à lui le chef solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. 

Il a fait part de son inquiétude au sujet des propos de Kevin «BIG» Grenier. Selon Gabriel Nadeau-Dubois, ces propos doivent être pris au sérieux. 

«[Il faut] éviter le piège qui constituerait le fait de pointer du doigt, de ridiculiser, de pointer du doigt, de regarder de haut ces mouvements-là, ou tout simplement vouloir les réprimer, sans plus de réflexion», affirme-t-il. 

Le péquiste Paul St-Pierre Plamondon a aussi dénoncé les propos du manifestant et refuse les critiques du premier ministre. 

«Contrairement à ce qu'a dit François Legault, je n'ai jamais affirmé que c'était sa faute si des extrémistes menaçaient de prendre les armes. Au contraire, j'ai dit que nous avions tous une part de responsabilité dans le maintien de la paix sociale, citoyens comme les gouvernements, afin de maintenir le respect et le civisme, comme nous avons réussi à le faire à Québec la semaine dernière », a-t-il tenu à préciser.  

«C’est une crainte qu’on doit prendre très au sérieux», a-t-il dit, ajoutant que le climat social s’est détérioré en raison du manque de transparence du gouvernement durant la crise.  

«Ça fait deux ans que l’on vous dit, au Parti Québécois, que l’absence de transparence et les yo-yo auront un effet sur le climat social», 

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, est celui qui a été le plus sévère à l’endroit du gouvernement, estimant qu’il est le seul responsable de la polarisation dans la population. Cependant, il croit que la fin de l’urgence sanitaire calmerait les ardeurs des protestataires. 

« S’il n’y a plus de passeport vaccinal et qu’il n’y a plus d’urgence sanitaire, je pense que la manifestation viendrait de perdre beaucoup de sa pertinence », a-t-il dit, dénonçant également les menaces de violence.  

Des ministres menacés :

« Il y a une plainte qui a été déposée à la Sûreté du Québec. Il y avait mon crâne avec une balle dans le front » - La ministre du Tourisme, Caroline Proulx  

« Il faut faire attention. Je n’ai pas peur pour ma sécurité présentement, mais il faut rester éveillé » - Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon  

-Avec la collaboration de Vincent Larin 

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