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L'évitement petit éloge de la fuite... et ses pièges

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Éviter à tout prix les situations qui mettent mal à l’aise pour profiter de celles qui nous procurent plaisir, confort ou peu d’efforts. Il s’agit là d’un comportement universel et qui, dans certains contextes, peut être bénéfique... mais à certaines conditions ! Dans d’autres cas, l’évitement peut devenir un réel problème. 

L’évitement peut s’exprimer de plusieurs façons : par exemple, éviter de prendre l’avion, de se mêler à une foule, ou encore mettre sous le tapis un sujet de conversation délicat avec un proche par crainte d’un conflit. L’évitement peut aussi prendre la forme de la procrastination : remettre à plus tard, beaucoup plus tard, ce que l’on pourrait pourtant accomplir maintenant, une façon en somme de fermer les yeux sur quelque chose qui nous ennuie... ou nous stresse. 

Faut-il à tout prix éviter l’évitement ? 

Parfois teinté d’une connotation négative, l’évitement représente pour certains un acte de lâcheté. Or, l’évitement, c’est aussi une manière habile de s’adapter à son environnement, aux circonstances, à certaines situations tendues, voire dangereuses, qu’il vaut mieux contourner que d’affronter tête première et sur-le-champ. L’évitement peut ainsi nous permettre de bien choisir nos combats et de préserver nos énergies pour des sphères plus prioritaires.

De manière instinctive ou par expérience, l’évitement peut être mis en œuvre lorsque nous percevons la présence de menaces, d’irritants, de difficultés, de risques ou de dangers. Ces derniers peuvent être multiples : physiques, psychologiques, relationnels, etc. Dans de telles situations, mieux vaut parfois opter pour la fuite. Par exemple, quand la charge émotive est trop grande, remettre une conversation le temps de laisser la poussière retomber peut permettre d’éviter des paroles trop blessantes ou des gestes inappropriés que l’on regretterait par la suite. Remettre à plus tard une conversation musclée, le temps que chacun reprenne son sang-froid, peut aussi nous éviter de nous faire blesser par un argumentaire lors d’un moment de plus grande vulnérabilité. 

Quand faut-il se méfier de l’évitement ?

Même s’il peut dans certains cas être bénéfique, il est toutefois préférable de ne pas en abuser : chaque médaille a son revers, et l’évitement ne fait pas exception. Il peut engendrer de la détresse dans le cas d’une phobie, ou lorsqu’on évite par obligation ou par dépit plutôt que par choix : une peur incontrôlable et disproportionnée que ce soit des hauteurs ou encore des autoroutes, par exemple. Cela peut constituer un problème grave, et à plus forte raison s’il perdure dans le temps, risquant de vous limiter et de vous isoler davantage des autres, et de vous enfermer en vous-même. Comme une prison dont vous seriez à la fois le prisonnier et le gardien. 

Il y a aussi ce que l’on qualifie de « personnalité évitante ». S’il n’est pas de l’ordre de la phobie, ceux et celles qui en souffrent ne se sentent pas à la hauteur face aux autres et sont particulièrement sensibles à leurs jugements. C’est pourquoi ils fuient la plupart du temps les activités sociales, les lieux publics, l’implication ou les risques qui, selon eux, mèneraient tout droit à la raillerie, à la critique... voire au rejet. 

Le grand paradoxe de l’évitement

S’il est vrai que certaines situations font particulièrement peur ou nous mettent réellement mal à l’aise, plus nous les évitons... et plus elles nous terrifieront ! Alors, à moins d’être en présence d’un danger réel ou d’être employé avec parcimonie lorsque nécessaire, l’évitement à outrance peut devenir un cercle vicieux. Si vous éprouvez le syndrome de la page blanche et que vous n’écrivez jamais, vos pages pourraient demeurer vides, ce qui pourrait à son tour faire monter davantage votre niveau d’anxiété, et ainsi de suite. Si parler en public vous terrorise et que vous ne vous exercez jamais à le faire, difficile d’imaginer que la tâche deviendra de plus en plus facile et qu’elle sera éventuellement perçue comme étant moins menaçante. Finalement, si vous ne confrontez jamais les gens qui vous marchent sur les pieds, votre confiance en vous risque fort d’en souffrir longtemps. 

S’exposer, lentement mais sûrement...

Comment alors, surmonter une crainte ou une terreur ? Il est notamment possible de nous exposer, lentement mais sûrement, à ce qui génère en nous beaucoup d’angoisse. En vous exposant ainsi de façon graduelle, vous pourrez réévaluer le risque réel et apprivoiserez, peu à peu, ce qui vous fait si peur. Un processus que l’on peut accomplir seul, mais aussi avec du soutien psychologique. Comme l’affirmait l’écrivain italien Cesare Pavese, « On ne se libère pas d’une chose en l’évitant, mais en la traversant. » 

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