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Réseau de la santé québécois: 400 M$ réinvestis pour le rattrapage des chirurgies

Les sommes découlent des travaux sur la rémunération des médecins spécialistes

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le gouvernement Legault estime que les 400 M$ permettront de réaliser d’ici 2024 les 125 000 chirurgies qui ont été reportées en raison du délestage dû à la pandémie, tout en gardant en tête la fatigue du personnel dans le réseau de la santé depuis deux ans.

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La révision des actes médicaux et l’abolition de généreuses primes accordées aux médecins spécialistes permettront à Québec de réinvestir 400 millions $ dans le rattrapage des chirurgies reportées en raison de la COVID-19, a appris notre Bureau parlementaire.

• À lire aussi: Médecins spécialistes: 100 M$ de primes aberrantes enfin abolies

Le gouvernement Legault, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), et l’Institut de la pertinence des actes médicaux (IPAM) doivent en faire l’annonce aujourd’hui, indique une source proche du dossier.  

Au total, Québec réinvestira quelque 440 M$ dont la majeure partie, 400 M$, servira à combler le retard dans les chirurgies causé par le délestage durant la pandémie. Le gouvernement Legault estime que ce montant permettra de réaliser les 125 000 chirurgies reportées, d’ici 2024.  

On souligne toutefois que ce rattrapage se fera en gardant en tête la fatigue du personnel dans le réseau de la santé, après deux années de pandémie.  

La somme restante de 40 M$ ira dans douze projets, dont 14,8 M$ pour l’hospitalisation à domicile dans le domaine de la santé mentale et 10,3 M$ pour une unité d’intervention brève en psychiatrie (voir les autres projets dans l’encadré).

  • Écoutez le témoignage de Francis Lacroix, travailleur de la construction en attente d’une chirurgie pour ses genoux

Réviser les actes médicaux

Créé en 2020 pour réduire l’enveloppe de rémunération des médecins spécialistes, l’Institut vise à éliminer les actes médicaux inappropriés ou devenus obsolètes avec l’évolution de la technologie. 

Ses travaux ont permis de dégager 958 M$ depuis deux ans (dont la moitié en sommes récurrentes), dans lesquels Québec pigera pour effectuer son rattrapage.  

Le montant récupéré est donc loin du milliard$ annuellement promis par la CAQ dans l’opposition – et les sommes retourneront dans les poches des médecins en échange de services supplémentaires –, mais les montants demeurent substantiels. 

Outre les coupes dans les mesures administratives, Québec ira récupérer plus de 108 M$ chaque année grâce à l’abolition de diverses primes qui ont fait la manchette ces dernières années.  

Des primes révolues

En entrevue, le directeur général de l’IPAM, Jean-François Foisy, donne divers exemples de primes qui sont désormais chose du passé.  

Par exemple, Québec économisera 23 M$ chaque année en mettant fin au surplus déboursé pour des chirurgies qui se déroulent entre 7h et 8h ou en fin d’après-midi. 

Un autre 7,5 M$ additionnel sera récupéré chaque année en abolissant les sommes liées aux « heures de ressourcement », soit la formation continue. « Beaucoup de personnes dans la société paient elles-mêmes pour leur ressourcement auquel ils sont obligés de se soumettre par leur ordre professionnel. Alors, on s’est entendu avec les médecins spécialistes, ça va être la même chose pour eux », illustre M. Foisy.  

La révision a aussi permis de mettre fin à la radiographie des sinus, une économie de 2,2 M$ chaque année. « La médecine évolue : ce qui pouvait être correct il y a 10 ans, n’est plus nécessairement pertinent aujourd’hui », explique Jean-François Foisy. 

Dans son rapport déposé en juin dernier, la Vérificatrice générale avait critiqué l’IPAM, qui s’était révélé incapable de dégager les sommes promises à sa première année d’existence, selon elle.  

Le directeur général de l’IPAM fait valoir que son institut avait besoin de quelques mois pour atteindre de premiers résultats. « Selon notre protocole, il aurait fallu qu’on ait des mesures pour 70 M$ au premier jour de nos travaux », souligne-t-il.  

Autres projets financés         

  • Équipe spécialisée d’intervention rapide et de relais en santé mentale : 5,7 M$     
  • Centre de soutien des services numériques en santé : 4,7 M$      
  • Téléréadaptation pulmonaire : 1,08 M$     
  • Transformation numérique et télésanté : 997 706 $     
  • Dialyse assistée en soutien à domicile : 523 781 $      
  • Gériatrie communautaire : 389 769 $      
  • Santé mentale : volet technologie de l’information : 332 754 $     
  • Soutien à la pratique en rhumatologie : 260 820 $      
  • Clinique d’évaluation de l’appareil locomoteur : 200 000 $     
  • Registre québécois d’examens endoscopiques digestifs : 227 363 $         

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