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Manifestations: encore un journaliste qui se fait harceler en direct à Ottawa

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Le journaliste Yves Poirier a une fois de plus été harcelé mercredi par des manifestants à Ottawa qui lui ont hurlé des obscénités, en plus de l’empêcher de faire son travail en direct sur les ondes de TVA Nouvelles.

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Deux manifestants en train d’invectiver le journaliste Yves Poirier. En mortaise, ces deux mêmes personnes qui se la coulent douce dans un spa, plus tôt cette semaine.
Photo AFP et capture d'écran,TVA Nouvelles
Deux manifestants en train d’invectiver le journaliste Yves Poirier. En mortaise, ces deux mêmes personnes qui se la coulent douce dans un spa, plus tôt cette semaine.

Avant cette altercation, des policiers ont commencé à distribuer des tracts avertissant les participants au « convoi pour la liberté » qu’ils devaient quitter la ville. La tension avait donc déjà monté d’un cran.   

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La scène s’est déroulée vers 11 h, devant le parlement. On y voit dans une séquence diffusée sur les ondes de TVA Nouvelles le journaliste s’approcher de la rue Wellington. 

C’est à cet endroit que l’on retrouve le noyau dur des camionneurs qui sont sur place depuis maintenant 21 jours. Yves Poirier souhaitait ainsi montrer l’état de la situation dans la capitale nationale. 

Traité de vidange 

« Tu fais de fausses nouvelles ! T’es un menteur ! N’écoutez pas cette vidange-là », hurle un homme avec une capuche sur la tête. D’autres manifestants s’approchent ensuite et se mettent aussi à harceler le journaliste.    

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Plusieurs ont tenté de saisir son micro et couvraient la lentille de la caméra. M. Poirier a finalement été entouré en direct par un petit groupe qui l’empêchait carrément de réaliser son travail. 

Le journaliste a su garder son sang-froid durant l’altercation, contrairement aux manifestants. 

Par ailleurs, c’est au moins la deuxième fois que M. Poirier se fait ainsi harceler en direct durant sa couverture du convoi à Ottawa. Une scène similaire s’est déroulée le 1er février dernier, toujours devant le parlement. 

Pas de policiers ? 

Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Michaël Nguyen, n’a pas mâché ses mots en voyant ces images mercredi. 

« C’est juste inacceptable. La violence envers les journalistes n’a pas sa place. Ce sont des manifestants qui crient pour la liberté, mais on se rend compte qu’ils crient pour leur liberté en piétinant sur celle des autres », dénonce M. Nguyen.

Agressions plus fréquentes 

Ce dernier s’explique mal le fait qu’aucun policier n’est intervenu encore une fois pour protéger le journaliste et son équipe. Notons que ceux-ci ne semblaient pas dans le secteur au moment de l’altercation. 

Et ce genre d’agressions envers les journalistes ont-elles augmenté cette année ? 

« C’est de pire en pire, oui. J’ai eu des conversations avec les autorités qui me le confirment. Ottawa, ce n’est que la pointe de l’iceberg. [...] Il faut mettre un frein à tout ça », insiste le président de la FPJQ. 

De son côté, le Groupe TVA rappelle que la santé et la sécurité de ses journalistes et de l’ensemble de ses employés sont la priorité de l’entreprise. 

« Nous tenons à souligner le professionnalisme de nos journalistes et de nos caméramans lors de ces situations », indique dans un courriel Xavier Brassard-Bédard, directeur général de l’information pour Groupe TVA.

– Avec TVA Nouvelles