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Victime du délestage, il siphonne ses économies

hôpital Pierre-Boucher
Photo d'archives M. Lacroix s’inquiète pour la suite des choses : une convalescence de 4 à 6 mois l’attend. Ce sera dur sur sa santé et sur son portefeuille.

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Francis Lacroix a travaillé dans la construction toute sa vie. Mais là, ce n’est plus possible. Trop de douleur aux genoux. Sa physio lui a dit que la prochaine étape, c’était l’opération. 

Désormais incapable de travailler, l’homme de 54 ans patiente depuis février dernier. Le hic, c’est que monsieur Lacroix n’est pas en danger de mort. Donc il attend. Il attend depuis 12 longs mois cette procédure qui lui rendra sa liberté. 

Une lueur... et puis non

Depuis quatre mois, on lui dit qu’il est en tête de liste. « J’espère, je suis le plus vieux patient de mon chirurgien. Dans le sens où c’est moi qui suis sur sa liste depuis le plus longtemps. » On lui dit ça, mais il n’a pas encore reçu d’appel. 

Non, Francis Lacroix n’est pas en danger de mort, mais il souffre beaucoup. Surtout qu’il a dû, en vue de l’éventuelle opération sans cesse repoussée aux calendes grecques, arrêter les injections qui soulageaient sa douleur. Il bouge de moins en moins, peinant même à monter les escaliers. 

Plus il attend, plus sa santé se détériore. Sa santé financière aussi. S’il se montre solidaire des gens qui travaillent dans le système de santé et veut bien être compréhensif quant aux délais, il a de la difficulté à comprendre le manque de soutien financier pendant cette période de délestage. 

« Je suis en train de dépenser les économies d’une vie »  

Francis a travaillé toute sa vie. Il a payé ses impôts. Il a été, selon lui, un bon citoyen. Et là, il se demande il est où le retour d’ascenseur ? Il se demande comment ça se fait que c’est à lui d’assumer les coûts financiers générés par une attente hors de son contrôle. Et même s’il se félicite d’en avoir, des économies, il aurait préféré consacrer son argent à autre chose. 

« Pour quelqu’un avec un peu moins de moyens, ça va. Mais comment tu fais pour budgéter pour 3, 4 ou 8 mois avant l’opération quand tu peux pas travailler et que tu sais pas quand tu vas pouvoir recommencer ? » Le père de famille s’estime chanceux que ses enfants aient quitté le nid. Il ne sait pas s’il aurait pu garder la maison familiale sinon. 

Quand il entend les gens qui exigent la fin des mesures sanitaires ou qu’il voit ceux qui ont assiégé Ottawa, Francis est très dubitatif. Il est selon lui impératif que le gouvernement comprenne les réelles conséquences du relâchement des mesures sur le niveau de délestage. 

  • Écoutez l'édito de Geneviève Pettersen diffusé chaque jour en direct 14 h 30 via QUB radio :

Il a raison. La fin des mesures sanitaires rimera avec une hausse des hospitalisations. « On soigne les non-vaccinés et c’est OK même si ça coûte beaucoup d’argent. Mais on ne doit pas nous oublier, nous autres. »

Le gouvernement doit prendre soin des gens qui, comme Francis Lacroix, sont plongés dans l’attente et se sentent abandonnés par les politiciens. Mais Francis n’a pas de klaxon à faire retentir. Il n’a que cette chronique dans le journal pour se faire entendre.

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