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La crise en Ukraine aura un effet sur votre portefeuille

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Photo AFP Même si les soldats russes n’avaient pas encore pénétré en Ukraine hier, le conflit a déjà fait des morts. Ici le ministre ukrainien de la Défense Oleksii Reznikov s’agenouille devant le cercueil d’un soldat mort dans un affrontement avec des prorusses.

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Les Canadiens ressentiront jusque dans leur portefeuille « l’effet domino » de l’invasion de plus en plus probable des Russes en Ukraine, qui a toutes les apparences d’un début de guerre ouverte, selon plusieurs experts.

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« C’est un portrait très sombre qui se dessine », avoue Roger McKnight, spécialiste des prix du pétrole chez En-Pro International, une firme de consultants en solutions énergétiques. 

Le prix de l’essence grimpera de 2 ¢ dès demain et atteindra des niveaux records ce printemps et au début de l’été, prévoit M. McKnight. 

Cette hausse viendra ensuite affecter l’ensemble de l’économie et aggraver l’inflation qui sévit déjà. L’impact se fera donc sentir jusqu’à l’épicerie, dit M. McKnight. 

À cela pourrait venir s’ajouter une hausse du prix des produits agricoles, la Russie étant un important exportateur de blé, ajoute Justin Massie, professeur de sciences politiques à l’Université du Québec à Montréal. 

« On est vraiment au seuil d’une guerre considérable », s’inquiète Dominique Arel, professeur à l’Université d’Ottawa et titulaire de la Chaire en études ukrainiennes.

Toutefois, le scénario de soldats canadiens envoyés en Ukraine pour combattre des troupes russes est à peu près improbable, s’entendent pour dire les experts en politique interrogés.

« Jeter le système à terre »

Mais nous ne serons pas épargnés par l’instabilité que peut créer une nouvelle guerre en Europe, même si l’impact sur le quotidien des Québécois s’avère indirect, expliquent les experts. 

Ce que Vladimir Poutine a fait en annonçant son intention d’envahir les régions prorusses de l’Ukraine, « c’est comme de jeter le système à terre », résume M. Arel. 

Un des principes de base de l’ordre mondial, c’est l’inviolabilité des frontières, soulignent les experts. 

Lors de son apparition télévisée de lundi, le président russe a dit reconnaître l’indépendance de « la République populaire de Donetsk [...] et de Lougansk », tout en cultivant l’ambiguïté sur les limites exactes des régions faisant l’objet de ses menaces.  

« C’est un peu comme si des groupes rebelles contrôlaient Trois-Rivières et Sherbrooke et revendiquaient le Québec au complet », image Maria Popova, professeure de sciences politiques à l’Université McGill. 

Certains experts craignent donc que le pire scénario devienne réalité : celui d’un conflit armé non seulement dans l’Est de l’Ukraine, mais dans toute l’Ukraine, avec des affrontements, même à Kiev, la capitale. 

Une guerre froide

Même s’il considère peu probable que le conflit déborde des frontières de l’Ukraine, Justin Massie y voit le début d’une sorte de guerre froide, avec deux blocs qui se font compétition de façon plus agressive qu’avant, ce qui peut se refléter dans les dépenses canadiennes en matière de défense, illustre-t-il. 

« Il y a une nette détérioration des relations internationales depuis quelques années », ce qui vient augmenter la possibilité de conflits un peu partout dans le monde, note Frédéric Mérand, professeur à l’Université de Montréal et chercheur au Centre d’études et de recherches internationales. 

Dans ce contexte, l’approche typiquement canadienne, plutôt douce et basée sur la coopération entre les autres pays, devient en quelque sorte « caduque ». 

Il est donc de plus en plus difficile d’imaginer toutes les grandes puissances assises à la même table pour discuter environnement et trouver des solutions globales aux grands problèmes mondiaux, analyse-t-il.

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