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Épicerie: viande à la hausse, bovins à la baisse

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La hausse du prix du boeuf à l'épicerie soulève la colère de plusieurs éleveurs de vaches et veaux de la Mauricie, qui ne profitent pas de la manne, loin de là.

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«Pendant que les consommateurs paient 13,5% de plus, nous, on a une diminution d'environ 10 à 15%», s’est insurgé Guy Brouillette, qui élève une cinquantaine de veaux d'embouche par année sur sa ferme de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

«C'est pas "comprenable", a ajouté son collègue de Saint-Luc-de-Vincennes, Luc Normandin. Le consommateur paie le gros prix, pis nous autres, il nous reste pratiquement plus rien.»

Pour eux, il est clair qu’un manque d’abattoir qui oblige de faire abattre les bêtes aux États-Unis fait augmenter les prix. «On vend nos veaux à l'encan de Saint-Isidore ou de Saint-Hyacinthe; deux jours plus tard, ils sont abattus aux États-Unis et ils reviennent être vendus ici», a expliqué Guy Brouillette.

Mais selon Sylvain Charlebois, directeur principal au Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire à l'Université de Dalhousie, rien ne garantit qu'un abattoir réglerait tous les maux. «La hausse est la hausse. C'est un marché mondial, un prix de référence», a-t-il évalué.

En fait, élever du boeuf de boucherie est tellement peu rentable que la plupart des éleveurs québécois sont obligés d'avoir un deuxième emploi, comme Francis Brouillette, producteur bovin de Sainte-Geneviève-de-Batiscan.

«Moi, je travaille sur la construction tout l'été pour aller chercher un revenu extérieur, parce qu'on ne peut pas en vivre», a confié celui qui enfile les semaines de 90 heures tout l'été avec ses deux emplois.

En 10 ans, le Québec est passé de 3500 éleveurs à seulement 2000, et d'une production de 200 000 veaux à 130 000. «Une opération qui inclut 50 à 100 têtes, c'est extrêmement minuscule, a indiqué Sylvain Charlebois. Quand on va en Alberta, c'est 150 000 à 200 000 [bêtes], minimum [par éleveur].»

Avec les coûts de production qui ont aussi augmenté, c'est tous les agriculteurs qui trouvent ça difficile, selon le président du syndicat des Producteurs de bovins du Québec. «Les pièces de machinerie, tous les équipements, les services, la rareté des pièces, la rareté de la main-d’œuvre, c'est l'accumulation de tout ça qui est difficile en ce moment», juge Jean-Thomas Maltais.

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