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Violence conjugale: les maisons d’hébergement n’ont plus de places

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Il est de plus en plus difficile pour les femmes victimes de violence conjugale de se trouver une place dans les ressources, la plupart des maisons étant déjà à pleine capacité au moment où les demandes d’hébergement augmentent. 

À la Maison de Connivence de Trois-Rivières, tous les lits sont occupés. Presque aucune chambre n’est vacante depuis la dernière année.

«On avait des périodes d’accalmie, chose qu’on ne voit plus vraiment depuis plus d’un an», a fait valoir la coordonnatrice à la Maison de Connivence, Geneviève Marchand.

La ressource réserve toujours une chambre pour les situations plus urgentes, où il faudrait accueillir une victime le plus rapidement possible pour sa sécurité. Quand cette chambre est déjà prise, il faut agrandir de l’intérieur avec des installations temporaires.

«Par exemple, dans la salle de jeux on va installer un lit et le lendemain, on va essayer de trouver une autre option», a assuré Mme Marchand.

La situation est la même partout en province. La Fédération des Maisons d’Hébergement pour Femmes (FMHF) poursuit d’ailleurs des discussions avec le ministère de la Santé et des Services sociaux pour créer de nouvelles places dans chacune des régions.

«Parce que justement on n’arrive pas à répondre adéquatement», a souligné la directrice générale, Manon Monastesse.

Il faudrait également doubler le nombre d’intervenantes dans les ressources d’aide, selon le Regroupement des Maisons pour les Femmes Victimes de Violence Conjugale (RMFVVC). Sans quoi, elles se retrouvent parfois seules à répondre aux besoins des hébergées, mais aussi de la ligne de crise.

«S’il y a une femme qui est en crise et que le téléphone sonne, il faut dire : faut que ta crise attende un petit peu parce que je dois aller répondre au téléphone. Ça fait qu’on n’est jamais à 100 % dans le service qu’on donne», a illustré la présidente du RMFVVC, Chantal Arseneault.

Le recrutement de personnel est aussi au ralenti depuis les dernières années. Le travail n’est pas des plus attractifs, a expliqué Mme Arseneault.

«C’est un travail qui est exigeant. C’est 365 jours, c’est de jour, de soir, de nuit», a ajouté Mme Monastesse.

Malgré cela, les équipes sont suffisantes au RMFVVC pour offrir les services comme elles le peuvent.

La crise du logement peut même devenir un frein pour les victimes qui tentent de se reloger. Le taux d’inoccupation à Trois-Rivières est à moins de 1 %, donc les recherches s’annoncent plus longues. Le temps passé dans une maison d’hébergement sera aussi rallongé, a fait comprendre Mme Marchand.

Près de 8 000 demandes ont été refusées par les ressources de la FMHF pour l’année 2019-2020. L’an dernier, elle en comptait près de 6 000 en raison du manque de places.

Si l’hébergement n’est pas possible dans l’immédiat, les ressources peuvent quand même fournir des conseils et offrir du support aux victimes.

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