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Le virage nationaliste d'Anglade est terminé

Quebec
Photo Stevens LeBlanc La cheffe libérale Dominique Anglade lors de la période des questions à l’Assemblée nationale le 1er février dernier.

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On a beaucoup écrit que le projet de loi 96, qui resserre la loi 101, avait suscité des débats déchirants au caucus de la CAQ.

Des ministres comme André Lamontagne, Mathieu Lacombe et Jean-François Roberge auraient été favorables à l’application de la Charte de la langue française au niveau collégial.

Mais ce débat est clos à la CAQ. Ce qui a d’ailleurs suscité l’ire du péquiste Pascal Bérubé, qui a fustigé le gouvernement sans ménagement ; parfois même excessivement. (Le PQ, après tout, ne s’est converti que très récemment à cette solution.)

PLQ

Au reste, on a peu écrit sur les grands tourments et déchirements que le projet de loi 96 a suscités au Parti libéral du Québec.

Jeudi, Dominique Anglade a rassuré sa base et ses députés anglophones en affirmant qu’elle voterait contre le projet de loi 96 ; du moins tel qu’il est présenté actuellement. En raison du plafonnement des inscriptions aux cégeps anglophones que le ministre Jolin-Barrette inclura dans la loi.

Anglade a annoncé son rejet de 96, flanquée de ses députés Birnbaum et Maccarone, au cégep anglophone Dawson, où elle en a profité pour dénoncer la volte-face du gouvernement Legault quant à son projet d’agrandissement.

C’est la deuxième occasion où elle échoue à faire virer le PLQ sur des questions sensibles pour la majorité francophone.

L’autre, c’était en mai 2019 – un an avant qu’elle ne devienne chef – lors d’un conseil général à Drummondville. Elle avait manœuvré pour que le Parti s’affirme favorable, comme elle, au compromis Bouchard-Taylor. En vain.

Outrances

Aussi, Anglade aurait préféré que le PLQ appuie le 96, question d’envoyer un signal aux francophones dont 10 % seulement lui sont favorables.

Mais l’essentiel des sièges du PLQ se retrouve dans des circonscriptions anglophones de Montréal. Et plusieurs voix importantes dans la communauté anglophone dépeignent le projet de loi 96 comme le diable !

Cela suscite des outrances hallucinantes ! Marlene Jennings, présidente du lobby anglophone Quebec Community Groups Network (QCGN), dans un tweet jeudi soir, s’est étonnée (sans rire) que François Legault s’émeuve de l’étouffement de la démocratie en Ukraine envahie par les Russes... puisque, lui-même, avec le projet de loi 96, « suspend les droits de tout le monde » (!)

Voilà qui est à ranger au musée des stupidités malhonnêtes à l’égard du combat pour le français aux côtés des propos de l’avocate Anne-France Goldwater : le 96, avait-elle affirmé en septembre, allait créer une « nouvelle Gestapo »...

Ainsi, les élus anglophones du PLQ subissent des pressions énormes. Ils craignent aussi une renaissance du Parti Égalité (PE), formation fondée en 1989 pour protester contre l’utilisation, par Robert Bourassa, de la « clause nonobstant » afin de protéger la loi 101. Depuis le dépôt du 96, Robert Libman, l’ancien chef du Parti Égalité, a martelé cette possibilité dans The Gazette.

(Certes, le PE a ravi quatre comtés aux libéraux aux élections du 25 septembre 1989. Mais plusieurs oublient que cela n’empêcha pas Bourassa d’être réélu avec 49,9 % des voix et 92 circonscriptions !)

Sur le projet de loi 96, les débats sont si déchirants au PLQ que Gaétan Barrette a même proposé d’en faire un vote libre ; en plus de permettre l’abstention. Bref, bien des libéraux afficheraient publiquement leur refus du « virage nationaliste » de la cheffe.

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