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Plaire à tout le monde... mais à quel prix ?

Horizontal shot of people from different races, being emotional, express various feelings and emotions, stand in row. Mixed race young women and men show surprisment, happiness, shock, approval
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« Beaucoup de chemins mènent à la réussite, mais un seul mène immanquablement à l’échec, celui qui consiste à tenter de plaire à tout le monde. » Cette phrase, de Benjamin Franklin, met en lumière les risques de vouloir plaire à tout prix : cette tentation peut nous amener à mettre de côté non seulement nos objectifs, mais aussi nos besoins, en plus de nous éloigner de nous-mêmes... et potentiellement aussi, de ceux qui nous apprécient pour qui nous sommes réellement. 

Plaire : un besoin universel 

Le désir d’être apprécié de tous s’inscrit dès l’enfance. Nous cherchons très tôt à séduire, à être aimés, à être reconnus, et ce, pour plusieurs raisons. Nos tentatives de plaire nous procurent de la sécurité, de l’attention, de la nourriture, de l’affection. Autant de choses essentielles qui assurent notre développement, la construction de notre identité, et la preuve que l’on existe à travers le regard affectueux de notre clan familial. 

Plus tard, en découvrant des talents cachés ou des prouesses comiques – souvent par accident –, nous répétons la pirouette ou la grimace qui fait craquer tout le monde, satisfait d’entendre les rires fuser de partout et de voir les regards enthousiastes tournés vers nous. Cette quête de « popularité » se poursuit à l’adolescence, alors que nos horizons et notre milieu social s’élargissent. Un processus qui contribue à consolider notre estime personnelle.

Sur ce point, les adultes ne sont d’ailleurs pas si différents, cherchant eux aussi le regard approbateur : pour séduire, nouer des amitiés, obtenir un emploi, grimper les échelons au sein d’une organisation. Et tous les moyens (ou presque) sont bons pour atteindre l’objectif : en nous montrant gentil, serviable, généreux, travailleur acharné, ou excellent cuisinier ! Car peu importe l’âge, l’être humain a besoin de reconnaissance dans un groupe, renforçant ainsi son identité et nourrissant sa confiance. Les multiples remises de prix et soirées de gala – dans tous les milieux et sphères de la société – en sont d’ailleurs la parfaite illustration. 

Trouver le bon dosage

Dans ma pratique de psychologue clinicienne, une chose me frappe depuis longtemps chez de nombreux patients : cette difficulté à cesser de se définir à travers le regard des autres. Ce besoin, lorsqu’il devient immodéré, peut dans certains cas témoigner d’un manque de maturité affective, d’une faible estime personnelle, ou d’un manque de confiance en soi. Or, chercher l’approbation admirative de l’entourage nous place souvent dans une position de vulnérabilité lorsque l’on n’arrive plus à reconnaître nos besoins ou à faire respecter nos limites. 

Au fil du temps, il faut apprendre à nous voir, à nous connaître et à reconnaître la valeur de qui nous sommes véritablement, sans pour autant négliger le regard que les autres posent sur nous. Évitons en effet de tomber dans les extrêmes, en balayant du revers de la main l’opinion de tous. Une attitude trop autosuffisante peut nous empêcher d’y voir clair, de réfléchir et de remettre en question certains de nos comportements et de nos idées. Cette attitude peut même conduire à une certaine arrogance, et ultimement, entraîner un vide autour de nous. 

Être soi-même... et apprécié ! 

Lorsque nous montrons aux autres qui nous sommes vraiment, le risque de déplaire est possible, mais cette authenticité pourrait aussi nous révéler l’heureuse surprise d’être apprécié de bien des gens, qui aimeront ce que nous sommes réellement. Les personnes aimantes de notre entourage savent ainsi à quoi s’en tenir, même lorsque nous les contrarions, voire leur déplaisons. Et c’est probablement de personnes qui vous aiment tels que vous êtes que vous voulez vous entourer. Ce n’est certainement pas une saute d’humeur lors d’une mauvaise journée qui peut réduire en miettes une longue amitié ou une relation de confiance fondée sur l’authenticité. Si nous savons faire la part des choses, eux aussi le savent. 

Exit la négation de soi

Finalement, à quoi sert-il de plaire à tout le monde si ce qui plaît aux autres ne correspond même plus à qui nous sommes ? Non seulement cette tâche ne cessera jamais de s’alourdir, mais elle ne mènera qu’à une chose : la négation de soi. Alors, demandons-nous à qui, comment, et pourquoi nous voulons plaire. Pour notre sérénité, mieux vaut nous investir dans les relations avec des personnes qui nous apprécient pour qui nous sommes véritablement, qui nous soutiennent plutôt que de faire pression sur nous, et qui nous inspirent confiance.

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