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Une guerre d’informations en coulisse

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Photo AFP Le corps d’un militaire russe gît près de véhicules militaires russes détruits sur le bord de la route près de Kharkiv, la deuxième plus grande ville du pays.

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La couverture journalistique d’un événement a rarement été aussi compliquée que celle de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, alors qu’une guerre de l’information fait rage en coulisse.

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Twitter, Facebook, Tik Tok, Telegram, Instagram, Snapchat... Jamais une guerre n’a suscité autant d’attention et d’interactions sur les réseaux sociaux, d’après des experts interrogés par Le Journal. À tel point qu’il devient difficile pour les journalistes, qu’ils soient sur le terrain ou non, de corroborer toutes les informations qui sont partagées ici et là.

On n’a qu’à penser aux images qui ont fait le tour du monde d’un supposé soldat ukrainien en larmes qui embrassait sa fille, fuyant le pays, après l’invasion de l’Ukraine. Il s’agissait en fait d’un séparatiste prorusse et la vidéo a été tournée deux jours avant l’invasion, d’après Le Monde

« Cette guerre se déroule sur plusieurs fronts simultanément, dont celui de l’information. Ce n’est pas nouveau, mais avec les moyens dont on dispose aujourd’hui, ça atteint un autre niveau », commente Aurélie Campana, professeure en science politique à l’Université Laval. 

Propagande russe 

Mais à ce chaos médiatique s’ajoutent la désinformation et la propagande dont la Russie a fait sa spécialité et qui trouvent écho un peu partout dans le monde. 

« Ça fait partie de leur stratégie de guerre hybride qui remonte à l’époque soviétique. Pour les Russes, la guerre de l’information est aussi importante que celle qui se déroule sur le terrain », explique le politologue Renéo Lukic. 

Le site montréalais Globalsearch.ca, qui partage le narratif russe d’une « mission de maintien de la paix », en est un bon exemple.

Des usines à fausses nouvelles

Le gouvernement de Vladimir Poutine continue également de réfuter que ses troupes aient attaqué des infrastructures civiles. Pourtant, des images et informations récoltées par de nombreux médias, dont CNN, prouvent le contraire. 

« Ça leur permet de garder une certaine cohésion au sein du pays et de justifier l’assaut. Mais aussi de démoraliser l’armée et la population ukrainienne », précise de son côté Mme Campana. 

Visiblement contrariées de voir un flot d’informations incontrôlables être diffusées sur les réseaux sociaux, les autorités russes ont restreint l’accès à Twitter et à Facebook, vendredi. 

Cette action a été menée à la suite de la décision de Facebook d’identifier et de contre-vérifier les informations relayées par les médias d’État russes, comme Russian Today, dont les vidéos ont aussi été bloquées sur YouTube, samedi. 

« Il y a littéralement des usines à fausses nouvelles en Russie, c’est donc extrêmement difficile d’y avoir de l’information fiable », dit Patrick White, professeur de journalisme à l’Université du Québec à Montréal.

Par ailleurs, le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, a assuré que le gouvernement fédéral regarde « toutes les options » en ce qui concerne le droit de diffusion au Canada de la chaîne internationale russe d’information Russia Today.


Le vrai visage de la guerre

Certaines photos que nous publions aujourd’hui dans Le Journal sont particulièrement dures et difficiles à regarder. Nous en sommes bien conscients, mais nous avons décidé de les publier afin de montrer toute l’horreur et la violence d’une guerre. Nous considérons que c’est notre rôle de montrer la réalité que vit la population de l’Ukraine, même si elle est choquante. La très grande partie de nos lecteurs sont des adultes et sont bien informés. Nous recommandons tout de même aux parents de ne pas laisser leurs enfants les regarder seuls et sans explications.

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