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Sur le bout de nos sièges

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Avec l’invasion de l’Ukraine par un président imprévisible qui bénéficie d’un certain appui de la Chine, nous avons bien des raisons d’être assis sur le bout de nos sièges par crainte d’une escalade.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, rappelle Jonathan Paquin, professeur au Département de science politique à l’Université Laval, on a toujours cherché à éviter un conflit entre les deux superpuissances nucléaires russe et américaine.  

C’est ce qui explique notamment pourquoi les Américains n’interviennent pas, sans quoi les Européens ne bougeront pas davantage. Certes, l’Ukraine n’est pas un pays membre de l’OTAN, mais cela n’a pas empêché une intervention au Kosovo en 1999.  

Ne pas provoquer 

Cette fois, les Occidentaux ne veulent surtout pas provoquer Poutine pour éviter qu’il aille plus loin, explique le professeur Paquin, spécialiste de la politique étrangère des États-Unis et du Canada. « Mais ça demeure une possibilité. Malheureusement, on ne peut pas l’écarter. »  

M. Paquin rappelle qu’il y a une semaine, les experts n’auraient jamais cru que Poutine puisse envahir l’Ukraine aussi rapidement. Rien n’est donc impossible, ce qui pousse les États-Unis à demeurer prudents et les pays occidentaux à opter plutôt pour des sanctions économiques.  

Sanctions inefficaces 

Le problème, avec ces sanctions, c’est que plusieurs études effectuées depuis un siècle ont démontré qu’à peine 5 % d’entre elles ont permis d’amener l’État fautif à se conformer aux demandes des États émetteurs de ces sanctions.  

« C’est très faible, observe le professeur. Et pour que ça fonctionne, il faut que tous les États jouent le jeu. » Or ce n’est pas le cas de la Chine et de l’Inde, qui refusent d’adopter des sanctions contre Poutine.  

Il en résulte une prise de conscience pour l’Occident sur les rapports de force qui changent. Le Canada doit développer son autonomie face aux enjeux de sécurité internationale, au lieu de se cacher derrière les États-Unis. En attendant, l’Occident n’a d’autre choix que de demeurer sur ses gardes.

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