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Quatre choses à savoir sur les sanctions contre la Russie

Le pari de Poutine pourrait se retourner contre lui

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De plus en plus isolée de l’économie mondiale, la Russie est happée de plein fouet par les sanctions de l’Occident en réponse à sa tentative d’envahir l’Ukraine. Selon Charles-Philippe David, fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, les conséquences pourraient être plus profondes que ce que s’imaginait Vladimir Poutine. 

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LA SUISSE S’EN MÊLE

La Suisse, d’ordinaire attachée profondément à sa neutralité, a annoncé lundi qu’elle allait reprendre « l’intégralité » des sanctions économiques de l’Union européenne imposées à la Russie, y compris contre Vladimir Poutine. Pour Charles-Philippe David, c’est significatif. « C’est historique, parce que la Suisse dit “non, vous ne pourrez pas vous soustraire de l’application des sanctions financières [...] parce qu’on est un pays neutre”. Donc, la Suisse fait preuve d’une non-neutralité dans ce dossier face à la Russie, ce n’est pas rien. » 


TEL UN SÉISME

Les sanctions internationales ont causé une chute de la valeur du rouble (la monnaie russe) en plus de toucher au portefeuille de plusieurs personnalités et d’éloigner la Russie des systèmes bancaires mondiaux. « Les sanctions sont très sévères. [...] Pour moi, sur une échelle sismique de Richter, on est dans du solide 8, 9 sur 10 », illustre Charles-Philippe David, qui est aussi professeur à l’UQAM. Selon lui, il y a fort à parier que Vladimir Poutine ne s’attendait pas à une réponse aussi musclée et unifiée de la communauté internationale, car les sanctions n’étaient pas allées aussi loin après l’annexion de la Crimée en 2014. 


IMPACTS SUR LE PEUPLE RUSSE

La Russie risque de s’appauvrir et l’inflation guette le pays, ce qui aura tôt ou tard des impacts sur la population russe. Déjà, les habitants font la queue devant les guichets pour retirer leurs économies des banques. Tout cela pourrait placer le président Poutine dans une position difficile dans son pays. « C’est sûr que si la guerre va mal et [que] l’économie va mal, ça [ne] promet pas des jours très heureux pour Vladimir Poutine, vraiment pas », affirme M. David. 


UNE GUERRE « SOTTE »

L’expert ne mâche pas ses mots en ce qui concerne les fondements de la guerre en Ukraine. « Je trouve que les guerres en général sont assez sottes et stupides, mais là, on ne peut pas imaginer plus sot, plus idiot et plus contre-productif que ça », lance Charles-Philippe David. Alors que le but avoué de Vladimir Poutine est de ramener l’Ukraine dans la sphère d’influence russe, c’est le contraire qui pourrait se produire. « La confiance de l’Ukraine envers la Russie sera [de] moins que zéro. [...] Si le but de Poutine était de faire en sorte que l’Ukraine ne soit plus attirée par l’Occident, il ne pouvait pas faire pire, ou mieux, que ça, en poussant l’Ukraine dans les bras de l’Occident. Il ne pouvait pas imaginer une façon plus contre-productive d’atteindre l’inverse de son objectif. »

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