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«Toute ma famille est en danger là-bas»

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Une famille ukrainienne de Saguenay ne dort plus depuis une semaine après le bombardement à plusieurs reprises de sa ville d’origine, Melitopol, qui est encerclée par des chars militaires russes depuis l’invasion de l’Ukraine la semaine passée. 

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«Ma tante, mes deux grands-parents, toute la famille qui sont restés là-bas sont en danger pour l’instant», a témoigné la fille adolescente de la famille qui habite dans le secteur de Jonquière, Ievgeniia Kuznetsova.

Des citoyens non armés de Melitopol ont bloqué mardi un convoi militaire russe en criant aux soldats, «envahisseurs, retournez en Russie». 

Un soldat a tiré des coups de semonce pour les disperser. Des amis des Kuznetsova étaient dans cette manifestation.

«J’ai toute ma famille qui est là-bas pour l’instant. Et ils disent, chaque jour, on n’a pas d’électricité. On n’a pas d’eau. On n’a rien. On est dans le noir. Et on a les bombes qui passent. On a les tanks qui circulent dans les rues», a expliqué Ievgeniia.

Dès les premiers jours de l’assaut de cette guerre, l’aéroport de Melitopol a été détruit. La Russie déclarait samedi qu’elle avait conquis la ville. Depuis, l’information a été nuancée par d’autres gouvernements, mais Melitopol est véritablement assiégée.

«Elle est entourée de tanks en ce moment. On ne peut pas sortir», a précisé Ievgeniia. Sa mère envoie des messages textes chaque jour à sa sœur qui est là-bas. La seule réponse qu’elle reçoit, c’est, «je suis en vie». 

C’est la seule chose qui compte pour l’instant. «Chaque jour, chaque nuit, ils ne peuvent pas dormir à cause des explosions qu’il y a, des bombes», a ajouté la jeune fille. 

«Je texte avec mon amie qui est encore là-bas. Et elle m’a dit qu’elle est restée trois jours sans eau, sans électricité et sans manger dans un bunker. Sans rien faire. Et elle entendait des bombes. Elle entendait les bruits. C’était un désastre. La première journée que j’ai su qu’il y avait la guerre, j’ai tremblé. J’ai voulu pleurer. Tous les gens à l’école me disaient, ça va aller. Mais ça ne va pas.»

Ievgeniia n’a que 15 ans. Elle étudie à l’école secondaire Kénogami. Ses parents ont quitté Melitopol pour le travail et parce que la situation se détériorerait en Ukraine.

«Le Canada, le Québec, nous a invités à venir ici parce qu’il manquait de main-d’œuvre. Mon père a obtenu le travail ici. Donc, on est venu ici. Et on va dire que la guerre commençait peu à peu à se formuler», a-t-elle mentionné.

Préoccupée et inquiète  

Ievgeniia Kuznetsova est préoccupée et s’inquiète pour ceux qu’elle aime et qui sont dans son pays.

«La vie est courte. On n’a pas une vie très longue. En plus maintenant, avec les guerres et ce qui se passe là-bas, on a une vie raccourcie, on va dire. C’est un désastre. C’est quelque chose que l’on ne souhaite pas avoir», a-t-elle soutenu.

Les Kuznetsova prient pour que la guerre cesse rapidement et aimeraient faire venir le reste de leur famille au Québec.

«On ne baisse pas les bras. On fait ce qu’on peut. On essaie qu’ils viennent ici, que les gens puissent comprendre que la situation, c’est quelque chose. Ce n’est pas juste des jeux. C’est une guerre. C’est une vraie guerre. Il y a beaucoup de morts aussi», a-t-elle avancé.

Ievgeniia a manifesté à Saguenay en fin de semaine dernière, vêtue d’un costume traditionnel ukrainien. Sa pancarte disait «on est avec toi Ukraine».

«Les manifestations qui se font avec l’aide pour l’Ukraine, on va dire, c’est déjà un grand merci à tout le monde parce qu’on pensait qu’on était seuls», a-t-elle affirmé.

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