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Guerre en Ukraine: Québec ferme la porte à revoir sa position sur GNL-Québec

Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette

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Le gouvernement Legault n’entend pas réévaluer sa position à l’endroit du projet GNL-Québec même si des voix conservatrices appellent à augmenter les exportations du Canada en énergie fossile pour venir en aide à l’Europe dans le contexte du conflit en Ukraine. 

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L’été dernier, après plusieurs années de tergiversation, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a finalement dit non au projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel de l’entreprise Énergie Saguenay.

Une position qui tient toujours. Mardi, son attaché de presse, Rosalie Tremblay-Cloutier, a en effet indiqué qu’il s’agissait d’un avis «définitif». «Il n’est pas possible de revoir notre décision quant à ce projet», a-t-elle ajouté, par courriel.

Une nouvelle demande?

S’il est vrai que Québec ne peut revenir sur cette décision, le promoteur du projet, Énergie Saguenay, pourrait toutefois décider de déposer une nouvelle demande au ministre de l’Environnement, souligne le professeur de droit de l’environnement à l’Université Laval, Geraud De Lassus Saint-Geniès.

«Ce qui est particulier, c’est que le projet en lui-même ne change pas. L’étude des impacts reste la même, son impact serait le même. Ce qui change, c’est le contexte international, les sanctions et la possibilité que la Russie arrête d’exporter du gaz», a-t-il expliqué en entrevue.  

Mais puisqu’autoriser ou non un projet relève du pouvoir discrétionnaire du ministre, celui-ci pourrait éventuellement décider de changer son fusil d’épaule, a précisé M. De Lassus Saint-Geniès.

«Bâtissons des pipelines»

Alors que le conflit en Ukraine fait rage, plusieurs voix conservatrices se sont fait entendre ces derniers jours aux quatre coins du pays, pour réclamer l’augmentation de la production d’énergie fossile. L’Europe, très dépendante du gaz et du pétrole russe, pourrait être durement touchée par une potentielle réduction des exportations en provenance du pays de Vladimir Poutine.

«Si le Canada veut vraiment aider à la défaite de Poutine, bâtissons des pipelines», clamait dimanche dernier, sur Twitter, le premier ministre albertain, Jason Kenney.

«L’autonomie énergétique du Québec est souhaitable et, de plus en plus, nécessaire. Nous avons intérêt à créer les lucratifs emplois chez nous et assurer notre autosuffisance», a indiqué de son côté le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime.

Repenser à la source

Contrairement aux politiciens qui réclament l’augmentation de la production d’énergie fossile au Canada, les experts consultés estiment plutôt que le conflit en Ukraine devrait inciter les États à investir dans les énergies renouvelables.

«C’est justement la dépendance de de l’Europe envers le gaz de la Russie qui a contribué à donner à Poutine une position de pouvoir géopolitique», a souligné l’analyse d’Équiterre, Émile Boisseau-Bouvier, une position partagée également par Geraud De Lassus Saint-Geniès.

De plus, «les infrastructures ne seraient pas prêtes à temps pour venir en aide à l’Europe», a souligné Émile Boisseau-Bouvier.

Parmi les sources d’énergie à privilégier selon lui: l’électricité, souvent produite à même les pays où elle est consommée puisque difficile à transporter sur des milliers de kilomètres, contrairement au gaz et au pétrole. L’efficacité énergétique, soit l’économie d’énergie à la source par une meilleure isolation des bâtiments, par exemple, doit aussi être priorisée, dit Émile Boisseau-Bouvier.

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