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Sanctions imposées à la Russie: l’industrie québécoise de l’aluminium pourrait en profiter

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L’industrie québécoise de l’aluminium pourrait profiter des sanctions imposées à la Russie puisque la production dans ce pays va en subir les contrecoups, selon Gilles Bergeron, professeur en économie à la retraite de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). 

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La guerre en Ukraine a fait bondir le prix de l’aluminium autour des 3 600 $ la tonne à la Bourse des métaux de Londres, un record historique.

«Les gens voient que l’approvisionnement est difficile», a indiqué M. Bergeron. «Ce marché sera fermé dans les prochaines semaines, dans les prochains mois. Naturellement, les gens font des stocks et ça fait augmenter les prix.»

L’action de Rio Tinto a également grimpé de 18,6 % en février en raison de la guerre.

«C’est favorable pour les producteurs d’aluminium du Québec et de la région également. D’abord parce que les prix augmentent de façon significative. Ça a un effet positif sur les profits. Et naturellement, une l’entreprise qui fait plus de profits a plus de disponibilités pour investir», a estimé Gilles Bergeron.

L’aluminium russe peut toujours être exporté, malgré les sanctions imposées, mais les conditions de production sont difficiles. Ses clients n’aiment pas cette instabilité pour leurs approvisionnements, et cela pourrait durer, même après la guerre, selon l’enseignant retraité.

«Quel que soit l’avenir du conflit avec l’Ukraine, ça va devenir un pays plus à risque. Même chose pour la Chine. Donc on va se tourner davantage vers les pays où on a une stabilité politique. Et encore là, le Québec et la région vont être favorisés.»

Le syndicat de l’usine Alma, Sylvain Maltais, presse Rio Tinto d’investir immédiatement avec la conjoncture actuelle.

«Le contexte est favorable. Ce n’est pas gênant de réclamer des investissements. On les attend. On les veut. C’est maintenant. Ce n’est pas plus tard», a-t-il souligné.

Il a rappelé que la multinationale ne l’a pas fait en 2018 après avoir signé une nouvelle convention collective avec ses travailleurs syndiqués d’Alma.

«Ils ont déjà admis que si l’investissement avait été fait à ce moment-là, aujourd’hui, on en récolterait les fruits. Ça en vaudrait la peine. Ce serait bénéfique pour eux, mais malheureusement, ils ne l’ont pas fait», a mentionné le leader syndical.

Le prix record de l’aluminium vert était déjà avancé avant même le déclenchement de la guerre, une énergie moins affectée que le pétrole et d’autres carburants.

«Le prix de l’énergie au Québec étant l’hydroélectricité est appelé à augmenter moins rapidement. Encore là, c’est une troisième condition plus favorable aux investissements au Québec dans ce secteur-là», a évalué Gilles Bergeron.

À cela, il faut ajouter la mauvaise image des produits russes, croit Sylvain Maltais.

«Si ça n’arrive pas cette année, il va falloir tantôt se poser la question comme population. Si ce n’est pas arrivé là, il va falloir arrêter de penser que ça va arriver.»

À son avis, ce sera alors à Québec d’agir. «Il va falloir qu’on se retourne vers notre gouvernement. Vous voyez, avec tout le marché qui était favorable pour eux, ils n’ont pas investi. À ce moment-là, un moment donné, il va falloir que le gouvernement dit, là, c’est assez. C’est maintenant. Il va falloir qu’on resserre la vis», a-t-il avancé.

Gilles Bergeron fait toutefois une mise en garde concernant l’augmentation des matières premières et des transports qui pourrait soit favoriser une expansion soit un ralentissement économique. La réponse sera connue dans les prochains mois.

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