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Guerre en Ukraine: que dire à nos enfants ?

Guerre en Ukraine: que dire à nos enfants ?
AFP

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Cela fait déjà plus d’une semaine que l’invasion russe de l’Ukraine, les images de bombardements et la fuite de milliers de réfugiés font la une des nouvelles. Pour les enfants, et particulièrement pour ceux qui ont grandi dans un cocon surprotégé et illusoire, toute cette effervescence peut se traduire par des inquiétudes, du stress et même de l’anxiété. D’où l’intérêt de se montrer transparents avec eux, tout au long de leur vie.

Ces derniers jours on retrouve dans l’actualité une profusion d’articles qui expliquent comment parler de la guerre à nos enfants. Mais la vraie question c’est : « Quoi dire aux enfants de l’état du monde ? ».

Après mûre réflexion et de nombreuses hypothèses, on revient immanquablement aux mêmes principes de transparence et de vérité. Quoi dire ou ne pas dire est intimement lié à la sécurité et à la compétence d’un enfant, c’est-à-dire à sa capacité d’entendre, de comprendre et de relativiser les choses.

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L’éducation a également une place importante dans cette réflexion, particulièrement en ce qui concerne ce qu’on enseigne aux enfants sur l’évolution de l’Humanité et sur l’Histoire des peuples et des religions, entre autres.

Ces deux grandes bases de connaissance sont des prérequis, pour mieux comprendre les comportements humains les plus édifiants comme les plus monstrueux.

Or je ne suis pas convaincu que cette Histoire existe dans nos écoles en constante adaptation. De nos jours, on est plus engagé à surveiller l’utilisation de certains mots défendus ou encore à mesurer la qualité de l’air qu’à enseigner l’évolution et l’histoire de l’Humanité.

Les préparer au quotidien

Comment expliquer une guerre, un viol ou un infanticide ? Comment aborder la question des abus de toutes sortes envers les enfants ? Comment parler ouvertement de la faim dans le monde, des exterminations massives et des migrations forcées ? Comment aborder avec un enfant le sujet des grandes iniquités sociales ? La liste est longue concernant le quoi et le comment dire aux enfants sur des sujets aussi sensibles et délicats.

Notre devoir d’adultes et de parents, c’est de préparer les enfants à entendre et à comprendre ce qui se passe au jour le jour dans leur vie. Pour parler aux enfants, on ne doit pas attendre les grandes tragédies relatées dans les médias, avec toujours un grand sensationnalisme, ni profiter de l’annonce d’une guerre imminente, car le moment est trop intense et très mal choisi. Il faut le faire en amont.

Bien réussir le « quoi dire » à un jeune, c’est au quotidien lui expliquer le pourquoi des petites chicanes de famille, les raisons des violences et de l’intimidation dans la cour d’école ou les causes menant au statut de sans-abri ou de pauvreté extrême. L’enfant est en droit de savoir le pourquoi de ces petits conflits fréquents dans sa vie courante pour mieux comprendre les causes et pour faire le pont avec les grands conflits et les grandes injustices dans le monde.

Ne pas éviter le sujet

Le pire c’est d’éviter le sujet comme si le monde était tout beau et simple, en espérant que l’enfant ne pose pas de questions. Le comble c’est de laisser croire aux enfants qu’ils sont privilégiés, en sécurité, et d’ainsi les maintenir dans l’ignorance. Ils ont droit de questionner et de bien savoir.

Partir du principe que le monde est complexe, qu’il l’a toujours été et qu’il pourrait l’être longtemps encore si rien ne change est certes une bonne entrée en matière. Instruire l’enfant de ses droits et de ses devoirs, lui apprendre à utiliser l’empathie dans sa vie de tous les jours et le convaincre d’agir pour le mieux-être de tous sous forme de bienveillance, cela permet aussi à l’enfant de cheminer pour mieux comprendre les excès de malveillance et finalement changer le monde futur.

Une jeune de 8 ans nous signifiait récemment que lorsque les adultes parlent pour les enfants, eux devaient se taire. J’ajoute que lorsque les adultes parlent aux enfants des vraies choses de la vie, non seulement ils leur permettent de mieux comprendre leur environnement, mais ils leur donnent en plus la possibilité de se mettre en action pour trouver les mécanismes de changement.

Guerre en Ukraine: que dire à nos enfants ?
Photo courtoisie, Pierre Manning

Dr Gilles Julien, Pédiatre social et directeur clinique

Vice-président fondateur, Fondation Dr Julien

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