/investigations/taxes
Navigation

Le géant québécois de la porno ne paierait pas d’impôt

L’exploitant du site Pornhub, MindGeek, fait l’objet d’allégations troublantes

L’entreprise MindGeek emploie 1000 personnes à Montréal notamment dans cet immeuble situé sur le boulevard Décarie.
Photo d'archives, Agence QMI L’entreprise MindGeek emploie 1000 personnes à Montréal notamment dans cet immeuble situé sur le boulevard Décarie.

Coup d'oeil sur cet article

Le géant de la porno MindGeek établi sur le boulevard Décarie à Montréal se serait arrangé pour ne pas payer un sou d’impôt au Québec ni ailleurs dans le monde, selon une poursuite aux États-Unis.

• À lire aussi: Nouveau recours collectif contre Mindgeek en Californie

Cette allégation surprenante n’est qu’une parmi bien d’autres extrêmement préoccupantes contenues dans de multiples recours judiciaires engagés contre MindGeek depuis deux ans.

L’émission J.E, présentée ce soir, et notre Bureau d’enquête dans l’édition du samedi s’intéressent à ce mystérieux colosse de l’industrie pour adultes, qui emploie 1000 personnes au Québec, dont 400 ingénieurs.

MindGeek est un géant sur le net qui exploite des sites parmi les plus populaires dans l’univers XXX, dont le site phare Pornhub, mais aussi RedTube, YouPorn, Tube8, XTube et bien d’autres. 

L’entreprise gère sur le web un trafic plus important qu’Amazon et Netflix, selon un rapport. Elle enregistrait 42 milliards de visites à travers le monde en 2019.

Il a été divulgué en comité parlementaire l’an passé que quatre millions de Canadiens visitaient Pornhub chaque jour.

Selon des allégations, bien que l’entreprise dise avoir son siège social au Luxembourg, son véritable centre de décision et le plus gros de ses activités sont à Montréal. 

  • Écoutez Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio: 

Profits cachés ?

« Même si elle génère des centaines de millions de dollars de revenus chaque année, MindGeek ne paie effectivement aucun impôt nulle part », est-il allégué dans un recours en Californie, déposé en juin 2021, notamment par Serena Fleites, une victime alléguée de l’entreprise.

Selon cette poursuite, l’entreprise aurait recours à des centaines de compagnies coquilles partout dans le monde pour réduire artificiellement ses profits. Cette structure serait en constante évolution.

Selon un employé actuel qui a requis l’anonymat, même après des ennuis causés par un article du New York Times, la firme demeure extrêmement rentable. 

« Ils [les propriétaires] sont passés d’ultra-riches à très riches », image-t-il.

Subventionnée

Notre Bureau d’enquête avait déjà révélé en 2020 que le gouvernement du Québec avait versé 100 000 $ en subvention à MindGeek. Québec a annoncé dans son budget 2021-2022 qu’il allait dorénavant exclure les diffuseurs de porno sur internet d’incitatifs fiscaux.

Dans une déclaration écrite qu’elle nous a fait parvenir, l’entreprise estime qu’elle aura gain de cause dans les nombreux recours engagés contre elle.

« Nous sommes confiants que, lorsque les tribunaux auront eu l’occasion de considérer les faits réels, [...] les réclamations [...] seront rejetées parce que dénuées de fondement », nous a dit la firme.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.