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Le président russe serre la vis aux médias

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Afin de serrer la vis à la diffusion d’informations accablantes sur l’invasion en Ukraine, la Russie a instauré de lourdes sanctions pénales qui bouleversent les activités de nombreux médias.

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Les mesures prises permettent aux autorités de renforcer leur contrôle du récit qu’elles font à la population russe de l’invasion de l’Ukraine, présentée comme une opération limitée visant à protéger les russophones d’un « génocide ».

La prison

Un amendement adopté à l’unanimité prévoit diverses peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison en cas de propagation d’informations visant à « discréditer » les forces armées.

Un amendement séparé, lui aussi adopté vendredi, prévoit par ailleurs des pénalités pour les « appels à imposer des sanctions à la Russie », confrontée à de dures mesures de rétorsion occidentales pour son invasion de l’Ukraine.

Guillaume Sauvé, Spécialiste de la Russie
Photo courtoisie
Guillaume Sauvé, Spécialiste de la Russie

Ces textes, qui s’appliquent à la fois aux médias et aux particuliers russes comme étrangers, ont été approuvés par la Chambre haute vendredi soir.

Il ne leur manque plus que la signature du président Vladimir Poutine pour entrer en vigueur.

« Ce sont des mesures qui vont plus loin que tout ce qu’on avait vu dans la Russie poutinienne qui n’était pourtant pas tendre avec les médias », observe Guillaume Sauvé, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal et spécialiste de la Russie.

Activités chamboulées

Se disant « vivement préoccupée » par ce changement législatif, CBC/Radio-Canada a suspendu temporairement ses activités journalistiques en Russie, « le temps de clarifier la portée de cette nouvelle loi ».

Les autorités ont aussi accentué la pression sur les quelques médias indépendants qui avaient réussi à travailler ces dernières années malgré un climat hostile.

Le régulateur des médias Roskomnadzor a entre autres restreint l’accès à la radiotélévision internationale allemande Deutsche Welle (DW), au site russe indépendant Meduza et à Radio Svoboda, antenne russe de RFE/RL. 

Jeudi, la chaîne de télévision indépendante Dojd avait annoncé la suspension de son activité, et l’emblématique station de radio Ekho Moskvy (Écho de Moscou), sa dissolution après le blocage de leurs sites.

— Avec l’Agence France-Presse

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