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Une jeune Québécoise vise les Jeux paralympiques

Elle travaille sans relâche afin de se retrouver sur la ligne de départ en Italie en 2026

Florence Carrier
Photo Nora T. Lamontagne Florence Carrier après un entraînement de vitesse sur les pentes de Bromont.

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Une Estrienne de 14 ans dévale les pentes de ski à toute allure avec sa jambe artificielle et ne compte pas s’arrêter avant d’atteindre son rêve : les Jeux paralympiques. 

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Florence Carrier a enfilé ses premières bottes de ski à 3 ans et a commencé la compétition à 9 ans, comme bien des petits sportifs.

Mais contrairement à ses compagnons d’entraînement, elle skie depuis toujours en s’appuyant sur une prothèse adaptée à sa jambe droite, totalement invisible sous son habit de neige.

« Je les suis sans problème. J’ai un peu moins d’équilibre, mais je suis beaucoup plus forte de la jambe gauche », fait-elle remarquer, tout sourire.

« Ce n’est pas tout le monde qui sait qu’il y a une athlète para sur le circuit », ajoute fièrement son père, Simon Carrier. 

Plus encore, Florence a été repérée par l’équipe canadienne de ski para-alpin, une étape préliminaire avant de peut-être participer aux Jeux paralympiques d’hiver qui se tiendront en Italie en 2026.  

« Ça, c’est le but ultime », dit la jeune athlète, les yeux brillants. 

Dilemme

Florence Carrier est née avec une jambe plus courte que l’autre et un pied déformé qui ne comptait que deux orteils. 

« Dans des cas comme ça, il y a toujours deux choix pour les parents : amputer, ou reconstruire la jambe et faire des allongements répétés », explique le Dr Thierry E. Benaroch, qui suit Florence à l’Hôpital Shriners pour enfants, à Montréal.

La reconstruction implique des opérations à répétition et de longues hospitalisations pendant l’enfance, et cela ne garantit pas que la jambe sera tout à fait fonctionnelle. 

« C’est toujours une décision difficile, mais les études démontrent que la santé mentale des enfants qui ont subi une amputation jeune est meilleure que celle des autres », poursuit-il. 

Après mûre réflexion, les parents de Florence, une professeure d’éducation physique et un technicien qui fabriquait des implants orthopédiques à l’époque ont choisi cette option. 

Elle se déplace avec sa prothèse depuis aussi longtemps qu’elle sait marcher.
Photo courtoisie
Elle se déplace avec sa prothèse depuis aussi longtemps qu’elle sait marcher.

« Elle a fait ses premiers pas avec une prothèse. La journée même où elle l’a reçue, elle s’est mise à marcher avec une marchette miniature », se rappelle Simon Carrier, admiratif. 

Le sport parfait

Et peu après, ses parents l’initiaient au ski para-alpin, un sport bien adapté à son handicap, puisque le pied est pratiquement immobilisé dans la botte. Si certains athlètes amputés font leurs descentes sur un ski, Florence en utilise deux.

« En ski, il faut beaucoup utiliser les genoux, et mes genoux, je les ai », explique-t-elle.  

Le Journal l’a rencontrée à la montagne de Bromont, après l’un des nombreux entraînements qui rythment ses semaines en hiver.

Entraînement intense

Beau temps, mauvais temps, elle est sur les pentes cinq jours sur sept, soit avec son programme de ski-études, soit avec le club de compétition de Owl’s Head.

Sa prothèse personnalisée à l’effigie de son club de ski, Owl’s Head.
Photo Nora T. Lamontagne
Sa prothèse personnalisée à l’effigie de son club de ski, Owl’s Head.

En plus de ses quatre paires de skis, elle possède trois prothèses : une pour la marche, une pour la natation et une pour le ski, à l’effigie de son club. 

Elle s’en sert autant pour le slalom que pour le slalom géant et le super-G. 

« J’adore m’adapter quand les parcours changent. C’est ce que je préfère du ski », dit la paralympienne en devenir. 


♦ La prothèse de Florence a été payée environ 6000 $ par les Amputés de guerre, qui encouragent les jeunes athlètes vivant avec un handicap.

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