/news/provincial
Navigation

[EN IMAGES] Voici 10 bribes d’histoire sur Saint-Nicolas

Coup d'oeil sur cet article

Saint-Nicolas est riche d’une histoire remontant bien au-delà de la fondation de la paroisse, il y a plus de 325 ans. C’est par le biais de traces laissées dans des documents d’archives conservés par Bibliothèque et Archives nationales du Québec que nous nous attarderons à quelques bribes de son histoire.

1) Un territoire aux limites changeantes   

Plan de la seigneurie de Lauzon, 14 février 1828
Archives nationales à Québec (E21, S555, SS1, SSS20, PL.6C). Pierre Lambert.
Plan de la seigneurie de Lauzon, 14 février 1828

Le vaste territoire de la seigneurie de Lauzon est concédé en 1636. La seigneurie est délimitée au nord par le fleuve Saint-Laurent, de la pointe ouest de l’île d’Orléans jusqu’à la seigneurie de Tilly. À sa limite sud commencent la seigneurie de Jolliet et la seigneurie Saint-Étienne. Elle est divisée en deux paroisses en 1694: Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévy à l’est de la rivière Chaudière et Saint-Nicolas à l’ouest. 

Bien qu’il faille attendre plusieurs années avant que la population soit significative à Saint- Nicolas, au fil de sa croissance, le territoire se morcelle pour rapprocher les habitants de leur lieu de culte. Ainsi sont fondées Saint-Lambert en 1851 et Saint-Étienne-de-Lauzon en 1861. Saint-Étienne perd à son tour une partie de son territoire qui devient Saint-Rédempteur en 1919, aussi connue à l’origine comme Chaudière-Station. Entre-temps, une partie de Saint-Nicolas deviendra en 1912 Saint-Nicolas-Sud, puis Bernières.

On assiste à un retour aux sources partiel en 2002, lors des fusions municipales. Les parties sud-ouest et sud-est de l’ancienne seigneurie de Lauzon sont réunies pour former l’actuelle ville de Lévis. 

2) La proximité du fleuve   

Vue du Cap-Rouge [à partir de Saint-Nicolas], comté de Lévis, 1951
Archives nationales à Québec (E6, S7, SS1, P86077). Photo J. W. Michaud
Vue du Cap-Rouge [à partir de Saint-Nicolas], comté de Lévis, 1951

L’histoire de Saint-Nicolas est intimement liée au fleuve Saint-Laurent qui la borde. Des vestiges archéologiques démontrent que les Abénakis ont fréquenté son territoire, principalement aux embouchures de la rivière Aulneuse et des ruisseaux Couture et Moffet.

Les premiers établissements permanents à Saint-Nicolas voient le jour grâce à la pêche. Le secteur est reconnu pour ses pêches à l’anguille, comme en témoigne ce court film: Nourrir le Québec - L’anguille.

Plus tard, la construction d’un quai public a permis l’écoulement des surplus de production agricole dans les marchés publics de Québec. Au début du XXe siècle, jusqu’à 100 agriculteurs prennent le bateau les vendredis. De plus, le quai facilite les pèlerinages à Sainte-Anne de Beaupré, une activité jadis très populaire.

Aujourd’hui, il ne reste plus de vestiges de cette époque. 

3) La construction du pont de Québec   

Ville de Québec, vers 1925
Archives nationales à Québec (P600, S4, SS3, P752/13). Photo Fairchild Aerial Surveys
Ville de Québec, vers 1925

La construction du pont de Québec vient modifier graduellement le paysage de l’extrémité sud-est de la paroisse. Les travaux de construction et d’entretien du pont donnent de l’ouvrage à quelques résidents de la municipalité. Deux d’entre eux décèdent lors d'accidents liés à la construction du pont.

De plus en plus de familles s’installent dans cette partie de Saint-Nicolas. La population décide le 17 juin 1912 qu’une partie de ses deuxième, troisième et quatrième rangs se détachera de Saint-Nicolas pour former la municipalité de Saint-Nicolas-Sud à partir de janvier 1913. 

Saint-Nicolas-Sud prend plus tard le nom de Bernières. En 1994, Bernières et Saint-Nicolas fusionnent.

Depuis ce temps, l’urbanisation du secteur a continuellement progressé. 

4) Terre d’accueil de familles souches   

Saint-Nicolas, Lévis – Chapelle Paquet – Petit édifice gothique, 1961
Archives nationales à Québec (E6, S8, SS1, SSS944, D5851-1, PA2). Photographe non identifié
Saint-Nicolas, Lévis – Chapelle Paquet – Petit édifice gothique, 1961

À l’image d’autres paroisses québécoises fondées au XVIIe siècle, Saint-Nicolas est la terre d’accueil de quelques familles souches. Pensons notamment aux familles Bergeron, Boucher, Couture, Demers, Dubois, Huot, Filteau, Fréchette, Lambert, Leduc, Méthot, Olivier, Paquet, Lambert et Rousseau.

Plusieurs de ces familles sont encore présentes sur le territoire. Leurs noms se retrouvent dans la toponymie, l’odonymie et sur les enseignes des entreprises de Saint-Nicolas.

Attardons-nous à la famille Paquet, qui a laissé une marque particulière dans le paysage de la municipalité avec une chapelle gothique encore bien visible sur la route Marie-Victorin. Celle-ci a été érigée par Benjamin Paquet sur la terre familiale pour l’exaucement d’un vœu à la Vierge.

La construction de l’édifice en bois recouvert de briques s’effectue entre l’été 1867 et 1868. La chapelle est bénie le 18 juillet 1868. Communément appelée chapelle Paquet, elle porte le nom de chapelle Notre-Dame-de-Grâce.

5) Une présence anglophone   

Lots dans la seigneurie de Lauzon près de la rivière Beaurivage, [1848]
Archives nationales à Québec (E9, S101, SS20, SSS1, P17). Auteur non identifié
Lots dans la seigneurie de Lauzon près de la rivière Beaurivage, [1848]

Saint-Nicolas s’est aussi développé avec l’apport de familles en provenance des îles Britanniques. Ces familles anglophones, majoritairement des Irlandais, s’y installent à partir de 1780. 

Bien que l’on retrouve de ces familles un peu partout sur le territoire, plusieurs se sont installées près de la rivière Beaurivage pour former plus tard le village de Longues-Pointes et dans le secteur du chemin Craig, ouvert en 1810. Ce chemin permettait de relier Saint-Nicolas à Boston.

La croissance de la population dans cette partie de la seigneurie de Lauzon mène en 1861 à la création de la paroisse de Saint-Étienne-de-Lauzon. Cette année-là, on dénombre ces familles anglophones: Bain, Banwell, Bell, Bowler, Care, Condom, Durham, Fagan, Hagehorn, Hanabarry, Hence, Kelly, McDonald, McGormick, Murray, Taylor et Thorregan. 

Seules quelques-unes sont restées pendant une longue période. En effet, leur nombre diminue dès les recensements de 1871 et 1881.

6) Les églises   

Saint-Nicolas – Vue générale, [avant 1907]
Archives nationales à Québec (P600, S6, D3, P79). Photographe non identifié
Saint-Nicolas – Vue générale, [avant 1907]

Cinq lieux de culte se succéderont à Saint-Nicolas. En 1690, on érige une chapelle en bois près du moulin banal qui est à l’embouchure du ruisseau Couture. Les registres paroissiaux ouvrent peu après, en 1694.

Le curé LePicart, en poste de 1704 à 1713, organise au début de sa cure la construction d’une église et d’un presbytère en bois. Situés à l’est de la première chapelle, ils tombent rapidement en ruines.

En 1721, on édifie une église en pierre selon le plan de l’architecte Jean Maillou. Elle se situe à l’emplacement du presbytère actuel. Les travaux se terminent en 1728. Il subsiste de cette église sa pierre angulaire et une plaque de plomb.

Cent ans plus tard, il faut construire une nouvelle église. Sise sur le site de l’église actuelle, elle est l’œuvre de Thomas Baillargé. En 1907, une réfection majeure change la façade de l’église. Elle est rasée par le feu le 22 novembre 1961.

Saint-Nicolas, Lévis – Nouvelle église – Façade, 1963.
Archives nationales à Québec (E6, S8, SS1, SSS945, D5853, PA1). Photo Laval Bouchard
Saint-Nicolas, Lévis – Nouvelle église – Façade, 1963.

L’église actuelle, bâtie en 1962, suit les plans de l’architecte André Gilbert. Malgré son air résolument moderne avec sa forme ovoïde, l’architecte y a inclus des rappels de l’histoire de Saint-Nicolas.

7) L’éducation   

Saint-Nicolas, Lévis – Maison d’école de syndics – Extérieur, 1944-1946
Archives nationales à Québec (E6, S8, SS1, SSS946, D5858, PC12). Photo Gérard Morisset
Saint-Nicolas, Lévis – Maison d’école de syndics – Extérieur, 1944-1946

Au printemps 1816, la première école connue à Saint-Nicolas voit le jour, soit quelques années après l’adoption de la loi créant l’Institution royale. On y enseigne les matières de base, dont le français et l’anglais, à une quarantaine d’élèves.

En 1829, une nouvelle loi est votée pour favoriser l’éducation. C’est le début des écoles de syndics. L’école sur la photo remonte à cette époque où s’organise le système scolaire. Sise près de l’église, elle est démolie en 1950.

Saint-Nicolas – Couvent, [vers 1910].
Archives nationales à Québec (P910, S3, D6, P52). Photographe non identifié
Saint-Nicolas – Couvent, [vers 1910].

Les Sœurs de la Charité de Québec construisent un couvent pour voir à l’instruction des jeunes filles. Il ouvre pour la rentrée de 1877. Il est agrandi en 1886. Puis, au milieu des années 1920, le couvent accueille aussi des garçons.

8) Une longue tradition agricole   

Les semailles, ferme de George Beaurivage, Saint-Nicolas, 1951
Archives nationales à Québec (E6, S7, SS1, P84725). Photo J. W. Michaud
Les semailles, ferme de George Beaurivage, Saint-Nicolas, 1951

On trouve à Saint-Nicolas une longue tradition agricole. Elle remonte à l’établissement d’un premier colon à la fin des années 1660 et à une occupation, par les Abénakis, d’une terre pendant environ 25 ans à la fin du XVIIe siècle.

Le peuplement se fait lentement et il faut attendre quelques années avant qu’une terre défrichée puisse donner son plein rendement. Malgré tout, de nouveaux rangs s’ouvrent. L’agriculture demeure la principale activité économique de Saint-Nicolas jusqu’au début du XXe siècle. 

Les productions sont variées et visent la subsistance de la famille et du cheptel. On cultive le blé, qui sera délaissé peu à peu au profit de la pomme de terre et d’autres céréales, le lin, le sarrasin, les pois et les légumes. On élève des bovins laitiers, des cochons, des poules, des moutons et des chevaux. Avec les années, les surplus donneront un petit revenu à l’agriculteur.

Encore aujourd’hui, bien que beaucoup moins nombreux, on trouve des producteurs agricoles à Saint-Nicolas. 

9) Les pommes de terre et la coopérative agricole   

Récolte de pommes de terre à Saint-Nicolas, comté de Lévis, ferme de Benjamin Paquet, 1948
Archives nationales à Québec (E6, S7, SS1, P66782). Photo J. W. Michaud
Récolte de pommes de terre à Saint-Nicolas, comté de Lévis, ferme de Benjamin Paquet, 1948

Une particularité de la production agricole de Saint-Nicolas est la culture des pommes de terre. Cette culture se développe à partir du milieu du XIXe siècle. Le rang Vire-Crêpe se démarque particulièrement par sa production.

À la fin des années 1930, les agriculteurs de Saint-Nicolas peinent à écouler leurs tubercules. Le marché change et les pommes de terre doivent être criblées. Ils forment en 1938 le Syndicat coopératif des producteurs de patates de Saint-Nicolas-Sud. Le syndicat leur permet de posséder collectivement l’équipement nécessaire pour la mise en marché. Ils l’installent dans un édifice construit pour eux à Saint-Nicolas-Station.

En 1944, le syndicat est officiellement dissous pour fonder la Société coopérative agricole de Saint-Nicolas-Sud. Cette coopérative donnera des services à tous les agriculteurs du coin.

10) L’industrie laitière  

Récolte de pommes de terre à Saint-Nicolas, comté de Lévis, ferme de Benjamin Paquet, 1948
Archives nationales à Québec (E6, S7, SS1, P66782). Photo J. W. Michaud
Récolte de pommes de terre à Saint-Nicolas, comté de Lévis, ferme de Benjamin Paquet, 1948

L’industrie laitière est très présente à Saint-Nicolas. D’abord domestique, pour produire le beurre nécessaire à la maisonnée, elle se pratique à plus grande échelle à partir des années 1870. L’agriculteur délaisse la culture du blé au profit de l’avoine, de l’orge, du trèfle et du mil.

Vers la fin du XIXe siècle, les beurreries apparaissent dans le paysage rural québécois. Il en est de même à Saint-Nicolas, qui en a deux. L’agriculteur y vend sa crème. Le petit-lait sert à nourrir les cochons et les veaux. 

Il existe aussi, au tournant du XXe siècle, trois fromageries à Saint-Nicolas. L’agriculteur peut y écouler son lait sans l’écrémer. La vente du lait ou de la crème apporte un revenu régulier aux agriculteurs.

Un texte d'Annie Labrecque, technicienne en documentation, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.  

  • Vous pouvez consulter la page Facebook de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en cliquant ici, et son site web en vous rendant ici.  
  • Vous pouvez également lire nos textes produits par la Société historique de Québec en cliquant ici.   

Sources        

  • BERGERON, Claude, Promenade de découverte du patrimoine bâti, 1re éd., Saint-Nicolas, Société historique de Saint-Nicolas et de Bernières, Ville de Saint-Nicolas, s. d., 12 p.    
  • BERGERON, Claude et Gino GARIÉPY, Saint-Nicolas-Bernières, 1694-1994, Saint-Nicolas, Société historique de Saint-Nicolas et Bernières, [1993], 310 p.    
  • COUTURE, Louis, «Tricentenaire de Saint-Nicolas-Bernières», Cap-aux-Diamants, no 38, été 1995, p. 67.    
  • DEMERS, Jacques, en collab. avec Paul-Émile OLIVIER, Livre souvenir Bernières-Saint-Nicolas – 1694-1994, Saint-Nicolas, Corporation des Fêtes du Tricentenaire de la paroisse de Saint-Nicolas, 1993, 77 p.    
  • GAGNÉ, David, «Bref historique de Saint-Nicolas», Histoire Québec, vol. 14, no 2, 2008, p. 28-31.    
  • Comité de l’album-souvenir, Saint-Étienne-de-Lauzon 1861-1986, Sherbrooke, Éditions Louis Bilodeau et fils, [1986], 327 p.        

À voir aussi    

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.