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Une partielle, l’occasion d’envoyer un message

POL-FRANCOIS-LEGAULT
Photos Agence QMI, Joël Lemay et d'archives C’est toute une bataille qui va se jouer dans Marie-Victorin

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Les élections partielles sont souvent l’occasion d’envoyer des messages. Je peux vous en parler, car j’en ai bénéficié.

En 2007, mon ami et chef Jack Layton et moi nous étions mis dans la tête qu’on pouvait gagner le bastion libéral d’Outremont pour le NPD. Quelle folie !

Mais il y avait un contexte à tout ça.

Le regretté Jean Lapierre avait démissionné, ouvrant la voie à la partielle.

De nombreux électeurs d’Outremont n’étaient pas de grands fans du nouveau chef libéral de l’époque, Stéphane Dion. Et Jack était... Jack.

Brillant, espiègle, plein d’énergie et ouvert au Québec.

On a travaillé d’arrache-pied et on a réussi l’impossible : j’ai fini par me faire élire quatre fois dans Outremont.

L’élection partielle du 11 avril, dans Marie-Victorin, arrive à un moment où les électeurs de cette circonscription risquent, eux aussi, d’avoir envie d’envoyer un message.

La CAQ s’est révélée un peu arrogante au cours des derniers mois de la pandémie. Couvre-feu sans justification et cachotteries à propos des analyses de la Santé publique. Le monde en a marre, et Legault pourrait en payer le prix, du moins lors de cette partielle.

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Candidats de qualité

Même si les candidats sont tous de qualité, les sondages et les analyses annoncent une bataille serrée entre le Parti Québécois et la CAQ.

Avec un caucus déjà réduit et plusieurs autres départs annoncés, le PQ joue le tout pour le tout avec Pierre Nantel (photo). Son chef, Paul St-Pierre Plamondon a rudement besoin que cette tentative in extremis porte ses fruits.

La candidate libérale, Émilie Nollet, représente tout ce qu’il y a de mieux dans une aspirante politicienne avec une formation exceptionnelle et des états de service en recherche.

Cependant, la circonscription a un long historique souverainiste et ses chances sont plutôt minces.

QS présente une candidate très solide, Shophika Vaithyanathasarma, qui a fait bonne figure en se présentant pour le Bloc lors de l’élection fédérale au mois de septembre. Solide en entrevue et pleine de caractère, ses chances sont néanmoins minces.

Le nouveau joueur, le Parti conservateur d’Éric Duhaime, a réussi à dénicher une candidate bien connue du public, la comédienne Anne Casabonne. Mais Longueuil n’est pas Charlesbourg et les conservateurs y fondent peu d’espoir.

La candidate de la CAQ, Shirley Dorismond (photo), est une infirmière et syndicaliste que François Legault qualifie, avec raison, d’excellente.

Le hic, c’est que sur des dossiers-clés, comme le racisme systémique, elle a déjà pris des positions diamétralement opposées à celles de la CAQ.

Même si je partage son avis à ce sujet, les électeurs risquent de s’y perdre.

Nantel, l’espoir du PQ

Communicateur hors pair, Pierre Nantel, mon ancien compagnon d’armes au NPD, est aussi un être humain exceptionnel. Il va connecter avec beaucoup de monde. Il risque de réussir l’impossible et donner un peu d’oxygène et d’espoir au PQ à l’aube du vrai test électoral à l’automne.

Précision

Dans ma chronique de la semaine dernière, j’ai mentionné que le nouveau projet de loi fédéral sur les services en français dans les entreprises privées se faisait attendre. Bonne nouvelle : il a finalement été rédigé. Mauvaise nouvelle : il ne fera pas partie de la Loi sur les langues officielles et les autres lignes aériennes canadiennes, comme Porter ou WestJet, n’auront pas les mêmes obligations d’offrir des services en français qu’Air Canada. 

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