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Trois jeunes, trois destins dans les années 70

Anne-Marie Desbiens
Photo courtoisie, Karine Lévesque

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Pour son troisième roman, Les liens du sang, la comédienne et romancière Anne-Marie Desbiens propose une immersion dans le Québec des années 70. C’était « le début des temps nouveaux », comme le dit la chanson. À l’échelle des familles, c’était aussi un temps de bouleversements profonds et Anne-Marie Desbiens le fait revivre à travers le passage à l’âge adulte de trois jeunes, Christine, Mathias et Omer. La révolte, les amours interdits et les conflits intergénérationnels sont au cœur du roman.

En 1974, Christine a 17 ans et se prépare pour une carrière de danseuse étoile au sein des Grands Ballets canadiens. Son cousin Mathias, fils illégitime de sa tante, s’est installé dans une commune agricole et s’oppose à l’agriculture de masse. Omer, le mouton noir de la famille, a des ambitions douteuses : il rêve de succéder à Richard Blass, maître du crime organisé.

Avec une grande habileté de conteuse, Anne-Marie Desbiens présente leurs destins enchevêtrés, à l’heure des grands changements dans une Belle Province qui tente de définir son identité et ses valeurs.

Pour Les liens du sang, la romancière avait envie d’écrire au sujet des jeunes générations. 

« J’avais trois personnages que j’aime beaucoup et je voulais les revisiter, dix ans plus tard », commente-t-elle. 

« Christine est une des premières enfants du divorce et je voulais voir ce que ça faisait. J’ai voulu explorer les liens familiaux, les trois couples de parents-enfants, et c’est complexe. Les liens de famille, c’est là où on construit notre identité. » Certains liens se renforcent, d’autres se brisent.

Anne-Marie Desbiens ajoute que les décisions d’une personne ont une répercussion sur les enfants, et vice-versa. 

« Ça marche dans les deux sens, cette affaire-là : on laisse un héritage à nos enfants, mais ils nous en laissent un, aussi. »

Définir les valeurs

Le Québec des années 70 l’intéresse énormément. 

« Le Québec est en pleine redéfinition de ses valeurs. C’est une quête d’autonomie individuelle et collective. Les trois personnages deviennent adultes : savoir qui on est, qu’est-ce qu’on veut. »

La quête identitaire du Québec s’est même traduite du côté musical. 

« Si on se souvient, Harmonium a commencé en 1974. Il y a eu beaucoup de groupes québécois. On a aussi assisté à la super FrancoFête, un élément que j’ai repris parce que c’est le premier festival de la jeunesse francophone. C’était très identitaire. »

Cette importante montée identitaire nationaliste au Québec fait écho avec la propre quête des personnages. 

« Ils sont jeunes. Ils ont le vent dans les voiles. Ils ont beaucoup de possibles... mais des fois, avoir beaucoup de choix, ça peut être mêlant aussi ! »

Une ballerine

Anne-Marie Desbiens a bien décrit le quotidien d’une jeune ballerine qui rêve de devenir danseuse étoile, y compris tous les sacrifices personnels que cela demande. 

« Elle est dans ses années de formation. C’est beaucoup d’exaltation et beaucoup d’abnégation. Pour construire Christine, j’ai parlé à beaucoup de danseuses, dont Geneviève Guérard, qui est la lumineuse ex-première danseuse des Grands Ballets. Elle m’a accueillie chez elle et on a beaucoup parlé. »

  • Anne-Marie Desbiens a été comédienne pendant 20 ans.
  • Elle a aussi écrit plusieurs textes et nouvelles pour la radio de Radio-Canada.
  • Elle participe à un blogue littéraire et anime des ateliers d’écriture créative.
  • Elle habite dans les Cantons-de-l’Est.

EXTRAIT

Anne-Marie Desbiens
Photo courtoisie

« Raoul regagne la maison de style victorien qu’il a patiemment rénovée au cours des années. Un bout de campagne non loin de la station de métro Longueuil, où il fait tranquillement pousser ses roses l’été. Malgré l’appel de son coin de pays natal, qui se fait de plus en plus pressant à mesure que grandit son attachement pour Patsy, Raoul ne s’est jamais décidé à quitter cette banlieue de la Rive-Sud, études de Christine obligent. La situation a changé. Majeure dans quelques mois, sa fille manifeste de plus en plus son goût d’indépendance que Raoul veut encourager malgré ses inquiétudes. »

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