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Au bout du tunnel... les feux de la guerre

Depressed sad young man standing in a dark city tunnel
Photo Adobe Stock

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Les reportages et les images effroyables de la guerre en Ukraine témoignent d’une violence inouïe et de drames humains se déroulant devant nos yeux, en temps réel, et devant lesquels on peut se sentir profondément impuissants.

Depuis quelque temps, le bruit des bottes des soldats russes résonne un peu partout en Ukraine, créant une indignation générale quant aux droits fondamentaux de la personne... et une inquiétude planétaire au regard de l’avenir de l’humanité. 

Parallèlement aux horreurs de la violence à travers le monde, et plus récemment en sol ukrainien, nos réactions d’effroi nous rappellent qu’une autre bataille est peut-être encore loin d’être gagnée : celle de la pandémie, d’où notre anxiété décuplée. Une sixième vague se prépare-t-elle ? Un nouveau variant plus dangereux ou plus contagieux est-il déjà en gestation quelque part ? Le fameux retour à une « certaine normalité » dont on rêve depuis les débuts de cette crise (mais que l’on espère désormais qu’en partie) va-t-il encore se dérober sous nos pieds ? Pas étonnant que les cabinets de psychologues soient pris d’assaut et que les listes d’attente s’allongent : la santé mentale des Québécois en a pris un coup depuis les 24 derniers mois. 

Si l’on ne peut comparer notre réalité à celle des peuples en guerre, nous sommes témoins d’événements dramatiques auxquels nous pouvons facilement nous identifier alors que nous avons été happés et épuisés par une succession de mesures liées à la pandémie, de restrictions, de trop courtes avancées puis de retours en arrière, sans compter les pertes importantes et les trop nombreux deuils... Ainsi, l’aube d’une guerre dont on craint qu’elle devienne, elle aussi, « pandémique » survient après deux années d’adaptations, d’un cerveau en hypervigilance et de fatigue pandémique. Il est ainsi bien naturel de penser au pire des scénarios, de craindre et d’anticiper la catastrophe qui nous apparaît inévitable.  

Mieux gérer ses émotions

Certains diront que je me répète, et ils n’auront pas tort. Les outils de base pour contrer les impacts psychologiques de la pandémie peuvent très bien s’appliquer au contexte actuel. Les grands enjeux planétaires qui sont source d’inquiétude, que l’on pense aux guerres, au réchauffement climatique ou à la pandémie, génèrent des émotions que l’on peut, malgré tout, apprendre à mieux gérer... 

Il est d’abord nécessaire de s’informer, mais sans se laisser submerger. Toutefois, être au fait des événements, comprendre les grands enjeux, cela ne veut pas dire se surexposer aux images et aux informations sans arrêt, soit dans l’espoir de voir poindre une bonne nouvelle, ou encore d’identifier un élément nouveau dans le but de mieux se préparer au pire. 

Par ailleurs, tout en reconnaissant le caractère tragique de ces événements, on ne peut faire abstraction de l’immense courage de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui luttent pour leur survie, et de voir la solidarité humaine et l’aide humanitaire qui se déploient à travers le monde. 

De la nécessité de refaire nos forces 

Lorsque l’angoisse est grande au point de vous submerger, rien ne sert de nager contre la vague ou d’essayer de l’arrêter. Laissez-la plutôt passer tout en préservant vos énergies, tentez de la reconnaître plutôt que de la nier, et profitez-en pour nourrir, en toute humilité, le quotidien de gestes à la fois constructifs et concrets ; mieux vaut être dans l’action que dans les ruminations. 

Tâchez également de vous entourer de gens dont la présence vous apporte quiétude et réconfort. Et il en vaut des personnes comme des activités : privilégiez celles qui vous apaisent et qui contribuent à votre bien-être. 

Si nous devons rester à la fois lucides et vigilants, il est tout aussi essentiel de prendre soin de soi, de ne pas sombrer dans la culpabilité et de refaire nos forces. Tout cela ne résoudra aucun conflit de dimension internationale et n’enrayera aucun virus, mais votre quotidien, tout comme celui de vos proches, en sera amélioré. 

Il est parfois difficile d’expliquer à nos enfants des situations aussi complexes que celles vécues en ce moment. Trouver avec eux les mots justes, le bon ton, c’est possible : nous y reviendrons bientôt. Entre-temps, il faut garder à l’esprit que le bien-être des enfants repose, en bonne partie, sur celui de leurs parents. 

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