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Les crimes de Poutine

Les crimes de Poutine
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Ce qu’on constate sur le terrain en Ukraine, c’est que le régime du président Poutine enfreint carrément les règles du droit humanitaire. On peut penser aux tirs sur des hôpitaux, des écoles, des quartiers résidentiels, des journalistes, sur des gens qui ne prennent pas part à la guerre. On parle même d’agressions et de viols sur des civils. Ces règles ont été établies pour une bonne raison dans les conventions de Genève et, malgré les atrocités de la guerre, un régime qui enfreint ces règles de base, qui ont été acceptées par tous les pays, peut être qualifié de «démoniaque».

Prendre la décision de faire la guerre à un pays est déjà une décision qui glace le sang. On connaît toutes les atrocités de la guerre. Cependant, ne pas respecter les conventions de Genève rend la chose injustifiable.

Un bâtiment résidentiel de Kyïv a été bombardé par l'armée russe lundi.
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Un bâtiment résidentiel de Kyïv a été bombardé par l'armée russe lundi.

Les conventions de Genève ont été un phare dans la noirceur de la guerre. La raison est simple: peut-on éviter la guerre? Peut-être que non... mais nous l’espérons. Cependant, peut-on éviter le dérapage de la guerre et les atrocités commises sur les innocents? Oui, on le peut, et c’est la raison pour laquelle les conventions de Genève existent.

L’origine des conventions de Genève est attribuable à un Genevois appelé Henry Dunant à la suite de la bataille de Solferino en 1859. Révolté par le triste sort des blessés à la suite de la bataille, il travaille à l’élaboration de la première convention de Genève. Après cette bataille, il constate que les blessés sont exécutés froidement au lieu d’être soignés. C’est à ce moment qu’on établit que la guerre doit être soumise à des règles malgré son absurdité. On doit protéger les innocents et les plus faibles et garder notre humanité malgré la bataille et le conflit. 

Poutine semble faire fi de ces règles de base humanitaires durant la guerre et c’est là son plus grand crime. Cette guerre qu’il semble vouloir justifier par la protection de sa population ainsi que les crimes de guerre doivent lui être imputables, car aucun dirigeant du monde ne peut justifier le fait de ne par respecter les articles des conventions de Genève.

Voici légalement les crimes qu’il commet et les articles qu’il enfreint des conventions de Genève qui sont la loi en matière de conflits armés internationaux:

Protocole additionnel I, Titre IV Convention de Genève relative à la protection des populations civiles en temps de guerre 

2. Protection générale de toutes les personnes affectées par le conflit armé

[...]

b) Protection des enfants

Le Protocole déclare que les enfants feront l'objet d'un respect particulier et seront protégés contre toute forme d'attentat à la pudeur. Ils recevront les soins et l'aide dont ils ont besoin du fait de leur âge ou pour toute autre raison. Toutes mesures possibles dans la pratique seront prises pour que les enfants de moins de 15 ans ne participent pas directement aux hostilités [...].

f) Journalistes

Les journalistes qui accomplissent des missions professionnelles périlleuses dans des zones de conflit armé sont considérés comme des personnes civiles et protégés comme telles. Ils peuvent obtenir une carte d'identité attestant leur qualité de journaliste.

3. Protection des personnes civiles et des biens civils 

L'interdiction d'attaque des personnes civiles et des biens civils implique celle de tous les actes de violence, qu'ils soient commis à titre offensif ou défensif. Les actes ou menaces de violence qui ont simplement pour objet de terroriser la population civile sont également interdits. [P. I, 49, 51, 52] L'interdiction inclut les attaques lancées sans discrimination. Il s'agit en particulier des attaques qui ne sont pas dirigées ou qui ne peuvent pas être dirigées, en raison des méthodes ou moyens de combat employés, contre un objectif militaire. Sont également considérés comme effectués sans discrimination les types d'attaques qui traitent comme un objectif militaire unique un certain nombre d'objectifs militaires nettement espacés et distincts situés dans une ville, un village ou toute autre zone contenant une concentration analogue de personnes civiles ou de biens de caractère civil. Il en va de même des attaques qui causent incidemment des pertes et dommages civils excessifs par rapport à l'avantage militaire concret et direct attendu.

Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre 

Article 3

En cas de conflit armé ne présentant pas un caractère international et surgissant sur le territoire de l'une des hautes parties contractantes, chacune des parties au conflit sera tenue d'appliquer au moins les dispositions suivantes:

1) Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité, sans aucune distinction de caractère défavorable basée sur la race, la couleur, la religion ou la croyance, le sexe, la naissance ou la fortune, ou tout autre critère analogue.

À cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu, à l'égard des personnes mentionnées ci-dessus:

a) les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices;

b) les prises d'otages;

c) les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants.

Article 14

Dès le temps de paix, les hautes parties contractantes et, après l'ouverture des hostilités, les parties au conflit, pourront créer sur leur propre territoire et, s'il en est besoin, sur les territoires occupés, des zones et localités sanitaires et de sécurité organisées de manière à mettre à l'abri des effets de la guerre les blessés et les malades, les infirmes, les personnes âgées, les enfants de moins de 15 ans, les femmes enceintes et les mères d'enfants de moins de 7 ans.

Article 18

Les hôpitaux civils organisés pour donner des soins aux blessés, aux malades, aux infirmes et aux femmes en couches ne pourront, en aucune circonstance, être l'objet d'attaques; ils seront, en tout temps, respectés et protégés par les parties au conflit.

Article 27

[...]

Les femmes seront spécialement protégées contre toute atteinte à leur honneur, et notamment contre le viol, la contrainte à la prostitution et tout attentat à leur pudeur.

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