/news/politics
Navigation

Le nouveau maire de Roberval apprend l’atikamekw

Coup d'oeil sur cet article

Le nouveau maire de Roberval, Serge Bergeron, a décidé d’apprendre une langue autochtone pour améliorer les relations avec les membres de sa communauté, dont ceux de Mashteuiatsh. 

Depuis quatre semaines, Serge Bergeron qui a aussi des racines autochtones de sa grand-mère maternelle a commencé des cours pour apprendre l’atikamekw. Il passe 30 minutes à suivre en ligne un cours pour maîtriser cette langue traditionnelle.

«L'apprentissage des langues, c'est apprendre une culture, a estimé le maire. C'est d'apprendre l'Histoire, la culture des gens. C'est d'apprendre d'où ça part. D'où ça vient.»

Les premières leçons portaient sur des connaissances de base.

«On a vu l'alphabet. Les couleurs. Les parties du corps. Les pronoms personnels. Il faut investir du temps après le cours à la maison pour bien saisir et bien comprendre», a-t-il raconté.

L'alphabet atikamekw compte 15 lettres contrairement aux 26 du français. La prononciation est cruciale.

«Ce n'est pas une langue qui est facile. Je vais vous le dire, admet M. Bergeron. La difficulté, c’est la prononciation.»

Pour le maire de Roberval, cet effort est important.

«Je considère important en tant que maire de Roberval de pouvoir démontrer un intérêt quelconque pour la culture de mes voisins. Et de faire en sorte de s'intéresser à cette culture-là. Je pense que ça peut faire en sorte de mieux comprendre. C'est de créer et de faire grandir une relation qui n'a pas toujours été facile.»

C'est le Centre Mamik Lac-Saint-Jean à Roberval qui vient de créer ce cours. Pour sa première session, 34 personnes sont inscrites et la présence du maire de la ville voisine de la communauté de Mashteuiatsh est appréciée.

«Quand je l’ai su, j'ai dit, ‘’oh, le maire’’, s’est exprimé l’un des professeurs, Bastien Cleary. J'étais content. Ça permet le lien entre les cultures atikamekw et québécoise.»

Au Centre Mamik, l’intervenante de la petite enfance et des familles, Nancy Jean-Pierre, croit que le maire pose ainsi un geste significatif. «C'est une marque de respect qu'il fait. Je trouve ça bien qu'il suive le cours et sache ce qu’est la langue atikamekw.»

Pour le maire robervalois, ce contact avec la communauté de Mashteuiatsh doit être nourri.

«On voit une ouverture et un intérêt de bâtir des ponts où on peut, les uns et les autres, s'enrichir. Les relations avec les autochtones, le développement de nos projets, c'est extrêmement important. Il faut que ce soit une priorité. J'ai un statut d'autochtone. Je n'ai jamais baigné dans cette culture-là. J'ai été élevé à Chicoutimi. C'est une langue qui est en train de se perdre. Perdre une langue, c'est perdre une partie de la culture.»

Les langues ont toujours attiré Serge Bergeron. Cette passion l’a également convaincu de s’inscrire.

«Je chante en neuf langues différentes. C'est une dixième pour moi, dit-il en souriant. Est-ce que je vais la chanter ou la parler?», le maire ne le sait pas encore.

Parmi les autres élèves inscrits au cours, il y en a qui œuvrent pour le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans le réseau de la santé. C'est aussi une belle preuve de respect, a estimé Nancy Jean-Pierre.

«Si un médecin parle en atikamekw avec le patient, le patient va se sentir en confiance.»

Est-ce que d'autres maires de la région procéderont au même apprentissage que Serge Bergeron? Le maire de Roberval espère que des collègues élus s'intéressent à la richesse de cette culture.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.