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Des cours de linguistiques pour préserver la culture autochtone

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Des cours linguistiques seront offerts à de jeunes autochtones atikamekw et innus au Centre Mamik de Saguenay afin de pouvoir continuer de transmettre les connaissances et la culture de ces communautés aux générations futures.

«C’est un défi culturel. C’est un enjeu de conserver notre identité par la langue», a souligné Mélanie Boivin, directrice générale du Centre.

Plusieurs activités sont ainsi organisées pour atteindre cet objectif, dont une classe en atikamekw donnée sur l’heure du midi à de jeunes enfants de niveau primaire.

À neuf ans, Evy Rose Awashish vit à Chicoutimi, mais se débrouille en atikamekw. Ses parents le parlent à la maison.

«Quand je suis chez moi, je parle atikamekw. Je veux apprendre l’atikamekw», a affirmé l’enfant, qui suit son cours les oreilles et les yeux grands ouverts.

«Les enfants sont éveillés à cette culture, à la langue», a remarqué Mélanie Boivin.

Le Centre Mamik vient de commencer ces cours de langue pour des jeunes.

«Il y a beaucoup de familles qui parlent l’atikamekw, mais elles ne vont pas nécessairement s’assurer que les enfants comprennent tous les mots et qu’ils s’expriment eux-mêmes en atikamekw», a observé la directrice générale. «La langue est différente en ville que sur le territoire.»

Cet apprentissage de la langue a une signification particulière pour le coordonnateur à l’éducation du Centre, François Fortin.

«De découvrir les mots, le sens des mots, l’origine des mots. C’est vraiment une belle expérience pour les jeunes. Ils en redemandent et ils en veulent encore plus», croit M. Fortin.

Dans le cas d’Evy Rose, l’atikamekw va lui permettre de parler avec ses amis quand elle va les voir à Obedjiwan. «Mes amis d’Obedjiwan, ils ne comprennent pas, car je parle en français. Et c’est pour ça que je veux apprendre à parler atikamekw.»

Des camps linguistiques pour adultes et enfants ou encore des sorties à la cabane à sucre, plein d’occasions sont créées pour partager la langue et la culture.

«On veut que les générations futures conservent les langues autochtones que ce soit les Atikamekw, que ce soit les Innus. On a aussi des Anichinabés. On a aussi des Cris sur le territoire», a ajouté Mme Boivin. «C’est une langue qui est en perte de savoir parce que nos aînés sont de moins en moins présents. Mais on veut conserver cette langue-là vivante.»

Cet effort est fondamental, selon François Fortin. «C’est essentiel de transmettre ces connaissances-là. De les entretenir. De vivre leur culture, leur patrimoine en ville pour pouvoir le partager à leur tour. Ils adorent ça. Ils ont énormément d’intérêt pour ça. Les activités de langue ressemblent beaucoup à des jeux.»

Harry Wilde est l’un de ces aînés. À 65 ans, il vient de peindre le territoire ancestral, le Nitassinan, sur un mur du Centre Mamik pour justement l’enseigner aux jeunes.

«La culture, c’est très important. Pourquoi? Parce que j’ai été élevé là-dedans. J’ai grandi en forêt. Il faut leur montrer d’où on vient. Ce qu’on a fait depuis ce temps-là. Si on ne s’en occupe pas, ça va se perdre», craint M. Wilde.

«On a encore la chance de pouvoir vivre sur ce territoire», a insisté Mme Boivin. D’avoir cette richesse-là. Alors, il faut vraiment soutenir les occasions pour apprendre la langue sur le territoire.»

À Roberval, la coordonnatrice à l’éducation du Centre Mamik Lac-Saint-Jean, Nadia Fortin, travaille à organiser des cours en Innu, une langue encore moins utilisée chez les jeunes.

«C’est la dernière génération, des aînés qui le maîtrisent. C’est important de transmettre ses connaissances aux jeunes», a-t-elle souligné.

C’est une aînée de Mashteuiatsh qui va l’enseigner. Nadia Fortin croit à la nécessité de garder ces langues, elle qui a appris l’atikamekw à Obedjiwan.

«C’est un beau contact qui est créé avec la communauté. Quand je leur parle en atikamekw, c’est une belle ouverture.»

Mélanie Boivin pense qu’il y a du travail à faire pour garder les langues vivantes au Lac-Saint-Jean.

«Chez les Atikamekw, ce sont des communautés qui sont un peu plus isolées. Et cela a permis de conserver la langue contrairement aux Innus de la communauté de Mashteuiatsh. C’est plus à proximité des villes. La langue est plus en difficulté, à risque!»

Le Centre Mamik aura le temps de nourrir cette passion des jeunes pour leur langue traditionnelle, car les budgets sont suffisants pour poursuivre les programmes jusqu’à la fin mars 2023.

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