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COVID longue: devenir invalide à 42 ans

Quebec
Photo le Journal de Québec, Stevens Leblanc Infirmier auxiliaire à Thetford Mines, Sébastien Martineau a l’impression d’être devenu invalide à 42 ans depuis qu’il souffre de la COVID longue.

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Un infirmier et père de famille de Thetford Mines qui souffre de la COVID longue depuis 18 mois a l’impression d’être devenu invalide... à 42 ans.

«Je n’ai plus de vie, je ne fais rien, rien, rien, se désole Sébastien Martineau. J’ai deux garçons de 12 et 14 ans et je ne peux plus m’amuser avec eux comme avant, que ce soit au hockey, en vélo, en raquette ou en ski alpin.» 

Infirmier auxiliaire à l’Hôpital de Thetford Mines, il a contracté la COVID-19 après avoir été déployé en zone rouge dans une résidence pour aînés. 

Le virus l’a frappé fort. D’intenses fièvres, des maux de tête avec élancements des oreilles à la mâchoire, douleurs musculaires et oculaires l’obligeant à plonger sa tête dans l’eau froide l’ont assailli pendant huit jours. 

Sans amélioration, il s’est rendu à l’urgence et il a été hospitalisé trois jours aux soins intensifs, notamment pour recevoir un apport d’oxygène. 

Son état stabilisé, il a pu rentrer chez lui... Mais les symptômes, eux, ont persisté. Et la liste des effets secondaires qui continuent de lui pourrir la vie est longue. 

Il déplore ne plus être capable de faire des sorties en raquette avec ses garçons, William et Maxime, et sa conjointe, Jo-Annie.
Courtoisie
Il déplore ne plus être capable de faire des sorties en raquette avec ses garçons, William et Maxime, et sa conjointe, Jo-Annie.

Symptômes persistants

«J’ai de la misère à faire une marche de 10 minutes», confie le quadragénaire. Le moindre exercice l’épuise et il en a pour des jours à s’en remettre. «Je monte les marches et je suis essoufflé, mais les radiographies de mes poumons sont belles», désespère-t-il. Il fait une demi-heure d’ergothérapie par semaine. 

«J’essaye de tout donner pour que ça sorte de mon corps [...] C’est dur à décrire, mais c’est comme s’il ne fonctionne tout simplement plus. La volonté est là, mais le corps s’est éteint », dit-il.

Et le goût, comme l’odorat, ne sont jamais revenus. 

Même sa vision a souffert et s’est détériorée. Il louche et ses yeux n’arrivent plus à faire le focus s’il doit conduire sous la pluie, par exemple. 

C’est sans compter le brouillard mental qui l’affecte aussi, comme s’il avait le «cerveau dans le Jell-O». 

«J’en viens à ne plus être capable d’avoir une conversation, mon cerveau ne peut plus enregistrer d’informations. Tout tombe au ralenti et je deviens étourdi», résume-t-il. 

Bien malgré lui, M. Martineau est toujours en arrêt de travail depuis son dia- gnostic le 21 septembre 2021. 

Il a tenté un retour progressif, mais après seulement trois heures à prendre la pression de patients, il est devenu étourdi. 

«Je suis comme un invalide et pas juste pour le travail, mais aussi dans ma vie quotidienne», souligne-t-il. 

Ses garçons doivent désormais tondre la pelouse, son frère est venu corder son bois pour l’hiver, des tâches qu’il est incapable d’accomplir. 

Il a tenté d’aller deux jours en camping dans une roulotte l’été dernier. Il est revenu «brûlé» pour deux semaines. 

Il fréquentait le gym depuis l’âge de 16 ans avant d’être malade.
Courtoisie
Il fréquentait le gym depuis l’âge de 16 ans avant d’être malade.

Moral à terre

«J’ai toujours bougé, j’étais quelqu’un de très en forme, se rappelle-t-il. Et si à 42 ans je suis hypothéqué de même, quand je vais avoir 60 ans, ça va être quoi?» 

Face aux obstacles physiques et mentaux tenaces qui se dressent devant lui, c’est aussi le moral qui en prend un coup. 

«On voit l’espoir diminuer», souffle-t-il, à propos d’un retour à la personne qu’il était avant la COVID-19. 

«Je l’ai attrapé au travail et je me sens abandonné de ce côté-là», admet l’infirmier. 

Les quelques professionnels rencontrés «n’ont aucun recul» sur la COVID longue et il aimerait que le gouvernement en fasse plus pour dépister, comprendre et guérir son problème de santé, plutôt qu’avoir diverses équipes qui avancent à tâtons. 

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