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COVID longue: elle a perdu l'espoir de revenir comme avant

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Malade depuis maintenant 22 mois, une infirmière ayant contracté la COVID longue a perdu tout espoir de voir les symptômes tenaces qui l’assaillent disparaître.

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«Faut que j’apprenne à vivre avec ça et ne plus me battre contre [la COVID longue]. C’est une maladie qui est là pour rester malheureusement», souffle Isabelle Rémillard, âgée de 39 ans. 

Infirmière auxiliaire à l’Hôpital du Suroît de Salaberry-de-Valleyfield, elle s’est portée volontaire pour être déployée en zone rouge dès le début de la pandémie. 

Et, comme des milliers de travailleurs de la santé, elle a contracté la COVID-19 en juin 2020. 

Fiévreuse, courbaturée, fatiguée et en douleurs, elle s’est isolée durant 14 jours. Mais, une fois les premiers symptômes dissipés, elle s'est rendu compte qu’elle restait essoufflée au moindre effort et que la fatigue persistait. 

«J'avais de la misère à respirer», dit-elle, se souvenant de sa première marche à l’extérieur chez une amie, une fois l’isolement terminé. 

Clouée au lit

Depuis maintenant près de deux ans, elle peut passer des journées clouée au lit, à dormir 20 heures sur 24. «Ce n’est pas la même fatigue [qu’avant]. Même si tu veux sortir du lit, ton corps est incapable», décrit Mme Robillard. 

Après un exercice physique, son coeur bat extrêmement vite et elle peine à respirer. Elle souffre aussi de trous de mémoire soudains, dit-elle. 

La maladie a pesé lourd sur la dynamique familiale aussi. Elle est moins présente qu'avant pour ses deux adolescents. Et, du jour au lendemain, son conjoint s’est retrouvé avec toutes les responsabilités familiales. 

Créative et manuelle, Isabelle Rémillard a dû «faire un deuil» de la femme qu’elle était avant pour ne pas sombrer dans la dépression. 

«C’est plate à dire, mais il faut que je le voie comme un nouvel ami qui m’accompagne... parce que sinon, je ne m’en sortirai pas», explique-t-elle, apprenant à accepter les limites que lui impose désormais son corps. 

«Pendant la première année, je me disais: "Ça va revenir". Mais là, je n’ai vraiment plus d’espoir.» 

«Enragée»

Mais, avant de se résigner à accepter la COVID longue dans sa vie, l’infirmière a vécu beaucoup de frustration, notamment à l’endroit du gouvernement. 

«J’étais enragée [...] On ne nous a pas bien protégées», estime-t-elle, soulignant que l’équipement de protection individuel n’était pas au rendez-vous en nombre suffisant au début de la pandémie. 

De retour progressif au travail depuis quelques semaines, elle exige de porter un masque N95 pour sa sécurité. 

En congé forcé, elle se sentait coupable de ne pas être là pour ses collègues, alors que le manque criant de personnel de santé leur imposait de lourds horaires de travail. 

«Mais si on m’avait protégée, je serais probablement encore là», laisse-t-elle tomber. 

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