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Guerre en Ukraine: en Europe pour aider à la paperasse

Une Québécoise ira assister sa tante ukrainienne avec sa demande de visa tellement c’est complexe

Maria-Yordanova
Photo courtoisie La Montréalaise Maria Yordanova se rendra en Autriche cette fin de semaine pour aider sa tante ukrainienne à compléter son processus d’immigration au Canada.

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Les démarches pour immigrer au Canada sont si complexes pour les réfugiés ukrainiens que des Québécois doivent se rendre en Europe afin d’aider leurs proches à se sortir de ces dédales administratifs. 

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« Ce n’est pas accessible du tout. On a tellement de la misère à amener ma tante, qui a tous ses documents, au Canada », raconte Maria Yordanova. 

Comme d’autres Québécois déjà en Europe, la Montréalaise a décidé de s’envoler vers Vienne ce week-end afin d’aller aider sa tante, Valeria Vasylieva, à finaliser son processus d’immigration puis revenir avec elle et son fils au Québec.

« Au bureau des visas, au lieu d’expliquer, de comprendre la situation, on ne veut même pas parler avec elle », se désole Mme Yordanova, originaire de Kyïv. 

« Ma tante a un niveau de base en anglais, mais on ne la prend pas au sérieux », dit celle qui travaille dans le milieu financier. 

Nouveau processus

Ottawa a lancé jeudi un nouveau processus d’immigration simplifié qui offre aux Ukrainiens la résidence temporaire pour trois ans. Les procédures pour obtenir en ligne l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine sont toutefois toujours lourdes, a constaté Me Stéphane Handfield. 

« C’est complexe pour des avocats qui sont habitués à travailler avec ces plateformes. Ça nous prend plus de trois heures pour compléter une demande et on comprend la langue », affirme l’avocat spécialisé en immigration, qui a traité ses premiers dossiers cette semaine.  

« Imaginez les gens en panique, en Pologne, qui ont de la difficulté à comprendre le français ou l’anglais, n’ont pas quitté avec leur ordinateur portable et n’ont pas accès à internet, dit-il. Je me serais vraiment attendu à une procédure beaucoup plus simple, compte tenu de l’urgence de la situation. »

À la vue de toutes ces embûches, Mme Yordanova s’inquiète aussi pour l’avenir des réfugiés qui n’ont pas de proches à l’étranger en mesure de les aider à naviguer dans cette bureaucratie. 

« C’est un processus extrêmement difficile. Je ne pense pas qu’on va voir bientôt des réfugiés au Canada », confirme la fondatrice du groupe Facebook Aide aux Ukrainiens Québec, qui vise à simplifier leur accueil dans la province. 

Exigences soutenues

Contrairement à d’autres pays, le Canada a décidé de conserver des exigences d’entrée pour les ressortissants ukrainiens, dont la prise de données biométriques.  

« Au Canada, il y a une tendance historique à demander plus de restrictions que moins pour les pays où il y a des troubles », affirme Adèle Garnier, professeure au département de géographie de l’Université Laval. 

Mais ces restrictions font perdre des jours précieux aux réfugiés en attente d’un nouveau toit. « Si on regarde les enquêtes, les documents qu’il faut soumettre, les façons de procéder, ça va prendre combien de temps encore avant qu’ils arrivent ? », s’indigne Me Handfield.

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