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«Je suis un décrocheur qui a finalement obtenu sa maîtrise en économie»

CCMM
Photo Chantal Poirier Michel Leblanc lors d’un déjeuner-causerie à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain avec le président et chef de la direction d’Air Canada, Michael Rousseau, en novembre.

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Michel Leblanc avait 45 ans lorsqu’il a été nommé président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il n’a jamais craint de défendre ses idées et de surmonter les obstacles devant lui, dont celui de son jeune âge dans le rôle qu’il était pour occuper.

Sa rencontre avec le président Barack Obama lui a fait davantage comprendre la réalité de certaines valeurs dans son travail. Le président Obama lui a décrit les différents aspects de son travail et en terminant, l’importance de son épouse et de ses enfants dans sa vie.


Vous êtes natif de Montréal. 

Mon père, Me Claude Leblanc et ma mère, Monique Leblanc demeuraient dans un 3 1⁄2 sur le Boul. Henri-Bourassa Est au-dessous d’un commerce d’un mini centre d’achat tout près du collège Mont-Saint-Louis.


Quelques mois plus tard, c’est le début de nombreux déménagements.

Trois mois après ma naissance, nous avons déménagé à deux coins de rue où nous habitions dans un 4 1⁄2. À la naissance de mon frère, Christian, j’avais cinq ans et nous sommes allés habiter dans un 5 1⁄2 tout près du Boulevard de l’Acadie avant de déménager quelques années plus tard à Laval.


Votre père a changé votre date de naissance sur votre baptistaire.

Pour mon père, c’était important de finir mes études le plus rapidement possible, alors, il m’a rajeuni de deux ans.


Alliez-vous en vacances avec vos parents ?

Nous passions nos vacances seulement avec ma mère et mon frère. Mon père avait donné la fabuleuse somme de 100 $ à ma mère pour payer nos dépenses de la semaine. Cependant, j’étais dans un hôtel à Old Orchard devant un téléviseur en noir et blanc, lorsque j’ai vu l’Américain Neil Armstrong poser le premier pied sur la lune.


Avec votre père, c’était toujours de la confrontation.

Si je désirais exprimer mes opinions, je devais les défendre devant mon père lors de nos confrontations quotidiennes. Nos affrontements m’ont permis de ne pas craindre de défendre mes prises de décisions et d’accepter les conséquences.


Comment était votre relation avec votre mère ?

Ma mère c’est une femme relationnelle qui m’a appris à lui confier mes sentiments. C’était important pour elle que je m’exprime, car elle me disait que c’est à force de m’exprimer que je vais surmonter mes problèmes.


Le divorce de vos parents a influencé votre vie.

Il ne faut pas oublier que c’est au début des années 1970 et que j’avais à peine neuf ans. D’ailleurs, à la suite du divorce, j’ai demandé d’être pensionnaire à mes deux premières années du secondaire au collège Laval pour me sortir d’un univers pas trop facile.


Vous êtes devenu un camelot renommé aux Appartements Domaine Bellerive à Laval.

Je suis devenu un camelot par excellence, car ma clientèle était composée des résidents des trois tours.


Vous avez été un livreur au dépanneur.

Ce n’était pas trop compliqué les livraisons : de la bière et des cigarettes.


Vous vous décriviez comme un enfant rebelle.

Je ne craignais pas de m’exprimer et de défier les gens. À l’école, j’étais plus jeune de deux ans et le plus petit de mes pairs. Conséquemment, je formais un groupe dont j’étais le meneur pour empêcher de me faire harceler.


Vous êtes devenu un décrocheur à l’âge de 17 ans.

Après ma première année au cégep Bois de Boulogne, j’ai décidé de mettre un terme à mes études pour aller faire un voyage en Europe.


Vous gagniez 3,54 $ de l’heure et vous avez amassé 9000 $.

J’ai commencé chez Garda qui est devenu par la suite ADT, pour la modique somme de 3,54 $ de l’heure. À 19 ans, après avoir amassé la somme de 9000 $, j’ai mis le cap vers l’Europe avec deux amis.


Votre spécialité était des pâtes au beurre.

Avant de quitter pour l’Europe, ma coloc et moi n’avions pas assez d’argent pour faire l’épicerie. Ce sont les « publisacs » qui nous ont permis à nous deux de bien manger. Chaque semaine, nous recueillions les coupons de Métro et Provigo pour faire notre épicerie.


De retour de l’Europe, vous vous êtes inscrit aux cours d’adultes universitaires.

Finalement, mon âge réel m’a rattrapé, car il fallait avoir 21 ans pour s’inscrire aux études d’adultes à l’Université de Montréal. Les deux ans que mon père avait cachés sur mon baptistaire, j’ai dû les justifier avant d’être accepté.


Le professeur François Vaillancourt a joué un rôle important.

Premièrement, il m’a demandé pourquoi j’avais choisi des cours qui me permettraient d’avoir mon baccalauréat. Je lui dis que c’était mon intention de le faire. Il me regarde en me disant : « Tu n’es pas le seul à vouloir le faire, mais il n’y a pas beaucoup de monde qui réussit ».


Vous avez terminé vos études avec une maîtrise.

Tu voudrais savoir comment le professeur Vaillancourt a pu m’aider. Il m’a motivé et à la fin de ma maîtrise, j’avais 4 offres d’emplois grâce à lui, dont mon premier emploi au ministère des Finances à Ottawa.


Vous avez deux enfants.

Mon plus vieux, Manuel Gobeil-Leblanc est en train de compléter son MBA en France. Mon plus jeune, Maximilian Leblanc, 11 ans, est le relationniste de la famille. Dernièrement, nous avons fait un voyage ensemble et à la fin du voyage les parents de ses amis sont devenus les miens.


Quel héritage voulez-vous laisser à vos enfants ?

J’aimerais tellement leur laisser un héritage de persévérance ; ne jamais démissionner dans la vie malgré les obstacles. Moi, je voulais devenir un Indiana Jones et un professeur d’histoire. Ma persévérance m’a permis de devenir le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

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