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L’Isle-aux-Coudres: de maire à matelot pour maintenir le service

Le maire de L’Isle-aux-Coudres propose à la STQ de travailler sur le bateau pour compenser la pénurie de main-d’oeuvre.

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Photo courtoisie

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Le maire de L’Isle-aux-Coudres en a assez des interruptions de service du traversier causées par le manque de personnel et propose à la STQ d’aller travailler lui-même sur le bateau le temps que la direction trouve des solutions.

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«On est rendu que le maire donne son nom pour aller remplacer comme matelot, comme lieutenant ou même comme capitaine. Il faut-tu que ça aille assez mal», lance avec exaspération le maire de L’Isle-aux-Coudres, Christyan Dufour, qui a travaillé pour la Société des traversiers pendant 22 ans, notamment comme directeur de la traverse Isle-aux-Coudres–Saint-Joseph-de-la-Rive.

La municipalité a encore connu d’autres interruptions de service dimanche et lundi provoquées par un manque de personnel pour opérer le navire. La liste de rappel est vide et des employés n’ont eu à peu près aucun congé dans le dernier mois. La direction a toutefois confirmé au maire lundi que des employés de Tadoussac viendraient prêter main-forte.

«Mais c’est encore juste un plaster sur le bobo pour quelques jours. [...] Qu’ils me donnent 4 ou 5 heures de formation pour me refaire la main et je vais être prêt. Et je ne veux même pas qu’ils me paient. Ils verseront le salaire à des organismes de l’île», insiste le maire.

De plus en plus critique

La situation est critique, mais pas nouvelle, pour L’Isle-aux-Coudres. Déjà quand Christyan Dufour a quitté en 2014, le portrait se compliquait, ce qui lui fait demander «pourquoi personne n’a vu ça venir».

«Il y a des gars avec 15 ans d’expérience qui vont quitter. Avant on avait 80-85% des employés du bateau qui restaient sur l’île, mais ça a baissé et là, on a 60% qui sont de l’extérieur. Ce n’est pas attrayant, il va falloir que la direction fasse quelque chose», estime M. Dufour, identifiant les salaires et la question des horaires comme principaux enjeux.

«Il y en a qui sont venus essayer, mais ils sont repartis», déplore l’élu.

C’est ce qui laisse L’Isle-aux-Coudres dans un certain isolement et ses habitants dans une ambiance d’anxiété constante.

«La direction a beau dire que le bateau est “standby’’ pour les urgences de nuit, il y a des soirs où on est encabanés après 17h, ce n’est pas normal de fermer l’île», ajoute Christyan Dufour.

Ce dernier craint aussi pour la saison touristique qui s’en vient et qui aurait donné un peu de répit aux commerçants et artisans de l’île qui ont trouvé la pandémie longue. Le manque de fiabilité du traversier laisse une bien mauvaise carte de visite, regrette-t-il.

«Notre été va être sur le cul si rien ne bouge. Ce n’est pas invitant pour les gens de leur dire de venir chez nous, mais de ne pas savoir s’ils vont être capables de repartir.»

Tir groupé

Christyan Dufour est d’avis qu’il faut «un grand coup» qui s’adressera directement à la direction générale de la Société des traversiers pour que les choses bougent enfin.

Il entend à ce sujet contacter les maires d’autres municipalités qui ont des enjeux semblables à la sienne, citant Tadoussac et Sorel, pour mener un tir groupé.

«Je réalise que ce n’est pas juste ici que ça va mal, qu’il y a des problèmes. J’ai été poli, j’ai été patient, mais là, c’est assez. Il va falloir que ça fesse pour que quelqu’un comprenne que c’est une tragédie pour nous», martèle le maire qui pourrait bien redevenir matelot sous peu pour assurer le maintien du service à ses citoyens.

«C’est triste d’en être là.»

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