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Coup de chaleur mortel: les travaux auraient dû être interrompus, selon la CNESST

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La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a estimé que «les travaux auraient dû être interrompus» pour éviter les coups de chaleur fatals, selon les conclusions de l’enquête sur le décès d’un bûcheron, le 17 août dernier, sur un chantier d’Hydro-Québec sur la Côte-Nord.

L’homme avait été affecté à des travaux de déboisement pour la construction de la ligne électrique Micoua-Saguenay. À la fin de sa journée de travail, il s’est évanoui alors qu’il remontait la pente d’un secteur boisé.

Ses collègues de travail l’ont retrouvé, inconscient, face contre terre.

Il est décédé d’un coup de chaleur.

Il faisait plus de 30 degrés Celsius cette journée-là, en forêt, à 100 kilomètres au nord de Baie-Comeau.

La CNESST a conclu à une gestion déficiente de l’exposition à la chaleur de la part des entreprises impliquées, le maître d’œuvre Hydro-Québec, son sous-traitant Pessamit VCC Entrepreneur Général et l’employeur du travailleur, Construction Tawich inc.

L’enquêteur Carl Ouellet a conclu que les travaux sur le chantier auraient dû être interrompus avant la fin de la journée, que les rappels effectués auprès des travailleurs n’étaient pas suffisants pour assurer leur sécurité.

Le travailleur n’avait bu que quatre litres d’eau alors qu’il aurait dû en absorber au moins deux fois plus, selon une expertise réalisée par une biochimiste.

«Dans ce cas-ci, de toute évidence, il y a eu un déficit hydrique. Le travailleur a un manque hydrique de l’ordre de 5,5 litres selon notre analyse», a indiqué l’enquêteur de la CNESST, Carl Ouellet. «À partir de 11 heures, les travaux auraient dû être interrompus parce que selon notre analyse, les pauses requises à ce moment étaient de plus de 60 minutes par heure. Même chose pour la période de 14 h à 15 h.»

Les délais pour l’évacuation du travailleur et son transport à l’hôpital de Baie-Comeau ont été longs: quatre heures. Un hélicoptère devait s’y rendre, mais finalement, c’est une ambulance qui a transporté le blessé. Ces délais n’ont toutefois pas été identifiés comme une cause de décès.

La possibilité de donner un constat d’infraction à la suite de cet accident est toujours à l’étude par la CNESST qui rapporte deux autres décès dus à des coups de chaleur, l’un en juillet 2018 sur un chantier de construction de Québec et un autre d’un travailleur agricole à Napierville en juillet 2019.

Les lésions professionnelles liées à des coups de chaleur se comptent toutefois par dizaines chaque année au Québec.

Nombre de lésions 

2016 : 25

2017 : 19

2018 :49

2019 : 31

2020 :51

Source: Tableau des lésions professionnelles (contrainte thermique - Chaleur) au Québec - 2016 à 2020 - CNESST

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