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La citoyenneté au service de la collectivité

La citoyenneté au service de la collectivité
Photo Étienne Brière

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Les moments de crise sont toujours à l’origine de transformations. La présente situation a induit nombre de changements sociétaux, dont certains feront ressentir leurs effets à long terme. Surtout, elle a exacerbé les injustices, amplifié des phénomènes nocifs et mis en lumière des enjeux jusque-là trop passés sous silence. Devant ces changements, notre société a eu du mal à faire face aux souffrances économiques et sociales qui ont émergé. Les populations déjà vulnérables le sont devenues davantage, démunies des ressources nécessaires. 

Cela a amené des expressions diverses de détresse. L’apparition nouvelle de comportements violents est un exemple des conséquences nuisibles d’une gestion et d’outils insuffisants. Les causes de ces évènements ne se limitent pas à la pandémie, mais incluent un éventail de facteurs qui méritent tous une attention particulière.

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Pour solutionner ce problème, il est crucial d’en comprendre la nature. Ce problème est structurel; il relève de déficiences organisationnelles qui laissent place à des lacunes dans la réalisation du devoir citoyen de chacun. En se penchant sur les facteurs sociaux qui sont à l’origine du problème, il sera possible d’y apporter des solutions durables et évolutives. Pour cela, il convient de se pencher sur trois idées clés : la formation à la citoyenneté comme moyen de prévention, le milieu communautaire comme lieu de repère et de réalisation, la nécessité d’une action balisée et collaborative.

L’éducation comme moyen de prévention

L’outil premier qui permettra de lutter contre la montée de la violence est préventif. Dans cette optique, l’éducation occupe une place centrale. Des mesures proportionnelles à son importance donneront lieu à la formation de citoyens modèles, dont les actions sont en adéquation avec les valeurs et ambitions de la collectivité. Cette prévention est primordiale dans la réduction des comportements violents parce qu’elle vise à en éliminer la source. L’apprentissage du devoir citoyen, du vivre-ensemble, du partage et du respect de l’autre constituent, ensemble, la base d’un comportement profitable à la société. 

Pour cela, il faut d’abord lutter contre les obstacles à la bonne citoyenneté. Ces entraves sont nombreuses et diverses. Il peut s’agir, par exemple, d’un sentiment d’exclusion par rapport à la société d’accueil. Le développement d’un sentiment d’appartenance est alors crucial. Il peut aussi être question d’une incompréhension ou d’une méconnaissance de la conduite et des valeurs fondamentales de cette société. Pour la pleine réalisation de l’identité citoyenne, il faut présenter des modèles représentatifs et inspirants.

Le milieu communautaire: repères et réalisation

Les instances du milieu communautaire jouent un rôle clé dans la formation à la citoyenneté, dans l’intégration des populations immigrantes et dans leur atteinte d’une entière adaptation. Pour cette raison, les organismes communautaires font intégralement partie du tissu social. Rassembleurs, ces acteurs sont d’une aide inestimable en termes d’outils et de repères. En permettant le développement de relations d’aide (financière, éducative, sociale, etc.), ils agissent contre l’exclusion et l’isolement. Par leur connaissance du terrain, les organismes communautaires sont en mesure de formuler des solutions durables et adaptatives. Ils le font en ayant comme objectifs l’émancipation, l’adaptation et l’autonomie des individus qu’ils accompagnent.

Une action balisée et collaborative

En vue d’une résolution de problèmes efficace et durable, les actions posées doivent être le produit de réflexions englobantes et d’une expertise à tous les égards. Pour cela, l’action doit être balisée et divisée selon des champs de compétence clairs. Chaque intervenant peut mettre à profit des connaissances propres à son champ d’action et aux expériences qu’il y a vécues.

Il faut valoriser l’apport de chacun et donner à tous les acteurs l’occasion de collaborer. Un partage des points de vue, des connaissances et des réalités sera l’opportunité de formuler des réponses complètes et exactes aux enjeux discutés. Ceux-ci ne sont pas seulement politiques; ils ont de multiples facettes et méritent d’être analysés sous tous les angles pour un résultat optimal.

Il faut placer la formation à la citoyenneté au sommet de la liste de priorités en éducation parce qu’elle permet d’éliminer les obstacles au vivre-ensemble. Il faut reconnaître l’apport considérable du milieu communautaire, qui offre à la fois repères et accompagnement. Il faut enfin collaborer avec divers intervenants en mettant en valeur leur expertise et leurs connaissances propres du milieu. Ce partage mènera à l’adoption de mesures viables et hautement efficaces.

Chaque acteur a son expertise. La mienne est sociale. En tant que directeur général d’un centre socioéducatif à Montréal, j’ai une pleine connaissance des réalités et difficultés avec lesquelles compose ma communauté. Mon apport sera celui de mes compétences. Si chaque intervenant met à profit son savoir, nous atteindrons plus rapidement la réalité que nous souhaitons.

Paul Evra

Directeur général du Centre Lasallien Saint-Michel

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