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Les caquistes en panique

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Paniqué face à la montée des conservateurs d’Éric Duhaime dans la région, le gouvernement caquiste agit comme une poule sans tête dans le dossier du tramway. 

Mardi, le maire Bruno Marchand a appris dans Le Journal de Québec que le gouvernement imposerait l’abandon de la rue partagée sur René-Lévesque comme nouvelle condition pour obtenir les décrets attendus pour la poursuite du projet. 

Le premier élu de Québec avait été avisé le matin, par la ministre Guilbault, qu’il y aurait de nouvelles conditions, sans plus. Une telle façon de faire, de la part d’un gouvernement qui se dit partenaire du plus important projet de l’histoire de Québec, témoigne d’une mauvaise foi crasse.

Et pourtant, comme le soulignait le maire hier, le gouvernement disposait de toutes les informations sur la rue partagée, une compétence municipale de surcroît, et ce depuis juin. Il avait même reçu toutes les réponses à ses questions en septembre et octobre, soit avant l’arrivée de M. Marchand. 

Plus encore, la Ville a consulté les citoyens concernés, et une majorité privilégiait ce scénario, qui aura le moins d’impact sur les activités du secteur.

Mauvais film 

Il s’agit d’un énième revirement du gouvernement sur le tramway. Ce dernier semble prêt à saisir toutes les opportunités, jusqu’à en inventer, pour le saboter. 

Depuis l’élection de 2018, le gouvernement de François Legault parle en effet des deux côtés de la bouche, en disant l’appuyer, mais en démontrant tout le contraire par ses agissements. 

À la Ville et au Bureau de projet du tramway, tout le monde a l’impression de jouer à nouveau dans le même mauvais film. « C’est le jour de la marmotte », a lancé hier le maire Marchand, qui dans un vibrant plaidoyer a appelé le gouvernement du Québec à faire en sorte que « les bottines suivent les babines ». 

Effet Duhaime

Ce n’est pas pour rien que les mots région et périphérie reviennent sans cesse dans la bouche de Geneviève Guilbault ces jours-ci, à propos du tramway. Appelons ça l’effet Duhaime, qui représente pour les caquistes une menace dans la région. 

Le pire, c’est que le gouvernement se tire dans le pied à maints égards dans le dossier. D’un côté, il va s’aliéner les supporteurs du transport en commun et du tramway, les gens fiers de leur capitale que la CAQ traite comme un village.

De l’autre, les électeurs que pourrait ravir Éric Duhaime à la CAQ – ce qui n’est toujours pas fait, mais ça c’est une autre histoire – ne basent pas leur décision sur le tramway. Ils sont frustrés des mesures sanitaires, et il ne faut pas chercher plus loin. 

Ajoutons que le gouvernement a saboté sa relation avec Bruno Marchand, contre qui des ministres, dont certains de la région, se sont permis de mener une charge frontale totalement injustifiée. 

Il faut chercher longtemps dans l’histoire pour trouver des élus qui, comme les caquistes de Québec, crachent sur le projet phare de leur propre région.

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