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De crackhouse à maison de chambres à crackhouse

De crackhouse à maison de chambres à crackhouse

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Une ancienne crackhouse de la rue Sainte-Catherine Est, près de la rue Chambly, transformée en maison de chambres aux frais des contribuables au coût de 3,3M$, est redevenue rapidement un lieu de consommation, de vente et de trafic de stupéfiants, selon des locataires qui ont préféré garder l’anonymat par crainte de représailles.

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Ces sources ajoutent que des «revendeurs» viennent même livrer aux portes des locataires et que des personnes s’adonnent aussi à la prostitution dans la maison de chambres qui se veut pourtant une solution à la problématique de l’itinérance exacerbée par la pandémie et la crise du logement.

«Nous vous confirmons être au courant de la situation et que nous avons déjà entrepris des démarches depuis qu’on a appris l’existence de cette situation. Cette maison de 14 chambres est un projet novateur qu’on a ouvert il y a seulement trois mois, nous sommes encore dans les ajustements, mais on est au fait de la situation», a réagi Sylvie Boivin, directrice générale de L’Anonyme. 

Cette dernière admet toutefois qu’il y avait des risques que ces situations se produisent étant donné le profil de la clientèle. 

«On parle ici de population désaffiliée, des personnes qui ne se qualifiaient pas pour d’autres logements. Il y avait effectivement un risque que ces situations-là se produisent. Maintenant, on souhaite leur donner un lieu sécuritaire», ajoute Mme Boivin.

Pour vivre à cet endroit, les locataires doivent respecter trois conditions : garder la quiétude, garder l’endroit salubre et payer son logement. 

«On ne permet pas la vente de substances à l’intérieur, c’est la loi. Toutefois, on travaille avec des personnes qui consomment des drogues, donc il est possible que des gens consomment. Ce qu’ils font dans leur logement, comme c’est un bloc privé, ça leur appartient», notre Sylvie Boivin.

Mme Boivin affirme que la sécurité des 16 locataires est au cœur des priorités. Elle indique aussi qu’un chargé de projet se trouve régulièrement sur les lieux, tout comme des intervenants sociaux qui répondent aux demandes des locataires.

Le SPVM aux aguets  

Du côté du cabinet de la mairesse Valérie Plante, on dénonce les activités illégales dans la maison de chambres. 

«Cet endroit offre un toit à des personnes marginalisées, tout en permettant à un organisme de les accompagner dans leurs habitudes de consommation. Pour assurer le succès du projet et le bon voisinage, un comité regroupant la Ville, L’Anonyme et les résidents du secteur est prévu», dit-on.

«Bien entendu, malgré une tolérance de ce projet relativement à la consommation, les activités illégales sont interdites et chaque personne à la responsabilité de se conformer à la Loi», précise-t-on.

Rappelons que ce célèbre taudis dans le quartier Hochelaga s’est retrouvé au cœur d’un reportage de l’émission «J.E» en 2017 alors que Montréal connaissait une vague sans précédent de surdoses liées aux drogues. Le fentanyl était alors grande source d’inquiétude.

Dans un courriel, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dit prendre la question du trafic de stupéfiants très au sérieux et ne ménage pas ses efforts pour s’y attaquer.

«C’est sans compter les enjeux de consommation d’alcool et de drogue, d’itinérance, de prostitution, de toxicomanie et de vulnérabilité de nombreux résidents dans ce secteur», écrit-on.

On mentionne également qu’«une grande opération a permis de saisir plusieurs centaines de roches de crack récemment».

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