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Le 0,08 ne tient plus la route

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Si vous suivez les nouvelles, vous avez certainement remarqué qu’il y a encore des gains à faire en matière d’alcool au volant. Les collisions mortelles, les blessés graves et les arrestations sont encore régulièrement des sujets d’actualité et continuent de briser des vies autant chez les familles des victimes que chez celles des personnes fautives.

En cette Semaine nationale de la prévention de la conduite avec facultés affaiblies, qui se déroule du 20 au 26 mars, nous souhaitons rappeler que conduite et alcool ne font pas bon ménage. 

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À ce sujet, il est important de mentionner qu’il n’y a pas que les grands excès de cette substance qui nuisent à la conduite et contribuent au problème. Nous nous sommes habitués à viser moins de 0,08 d’alcoolémie au volant, mais la science est désormais claire que ça ne suffit pas pour être en pleine possession de ses moyens.

Risques élevés

Le risque d’être impliqué dans une collision mortelle est multiplié de quatre à six fois dès une alcoolémie de 0,05. C’est une différence énorme ! Et ça ne tient même pas compte de tous les traumatismes qui peuvent découler d’un accident de la route pouvant hypothéquer grandement, et parfois de manière permanente, la qualité de vie et l’autonomie des personnes impliquées !

D’ailleurs, saviez-vous que le Québec est la seule province qui n’a pas fixé la limite au moins à 0,05 chez les conductrices et conducteurs de 22 ans et plus ? Au Canada, seuls le Québec et le Yukon n’imposent pas de sanctions dès ce seuil de 0,05 d’alcoolémie. La Colombie-Britannique l’a fait dès 1977 et ses ajouts de sanctions en 2010 ont engendré une diminution des accidents mortels, des blessures causées par des accidents et des dommages matériels causés par les accidents. Il serait peut-être temps d’évoluer nous aussi. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec l’avocate Marianne Dessureault sur QUB radio :   

Le gouvernement doit agir

Le gouvernement a peut-être une opportunité de faire rapidement ce rattrapage. Actuellement, le projet de loi 22 s’intéresse notamment à la question de l’alcool au volant et il pourrait aller encore plus loin en ajoutant des sanctions administratives pour la conduite automobile avec une alcoolémie de plus de 0,05. Une telle mesure devrait évidemment s’accompagner de davantage de sensibilisation et de surveillance pour en maximiser l’efficacité. Par amour pour la vie, il faut saisir cette chance.

Autrement, en attendant que la loi change, mieux vaut viser plus bas que la limite légale quand il est question de conduire ! Si vous pensez boire de l’alcool, prévoyez des déplacements prudents. Bonne semaine nationale de la prévention de la conduite avec facultés affaiblies !

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Me Marianne Dessureault, porte-parole de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)

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Dawn Regan, chef des opérations et chef de la direction intérimaire de MADD Canada

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Vincent Marcoux, directeur général de l’Association québécoise des Centres d’intervention en dépendance (AQCID)

Dre Marie-Laure Hemery, présidente de l’Association des spécialistes en médecine préventive du Québec (ASMPQ)

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Mélanie Patenaude, directrice générale pour l’Association pour le droit des accidentés (L’ADA)

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