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L'autosabotage de la CAQ

Quebec
Photos d'archives, Stevens LeBlanc François Legault (à gauche) et Bruno Marchand (à droite)

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Le gouvernement Legault aurait dû surfer sur la présentation d’un budget généreux pour les contribuables, mais il s’est autosaboté avec une attaque à l’endroit du maire de Québec qui s’est retournée contre lui.

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La sortie agressive de François Bonnardel, Geneviève Guilbault et Éric Caire à l’endroit de Bruno Marchand et son projet de tramway a créé un malaise au gouvernement.

« C’est malsain », confie un membre du Conseil des ministres, en faisant allusion à ces « problèmes de communication » avec la Ville de Québec. 

Un autre élu caquiste jugeait aussi « très décevante » la tournure des événements, ajoutant toutefois à propos du maire de Québec, « on apprend à le connaître ». 

Selon nos informations, la ministre responsable de la Capitale-Nationale et son collègue des Transports se seraient défendus auprès de leurs collègues interloqués en affirmant que Bruno Marchand ne tenait pas le même discours en public qu’en privé.

Notamment, le maire aurait dit aux ministres caquistes qu’ils pouvaient « compter sur lui » pour faire pression sur le fédéral afin qu’il se commette par écrit pour le partage des coûts, mais il ne l’a pas fait.

La goutte de trop

Quoi qu’il en soit, c’est le ministre de la Cybersécurité et du Numérique qui a fait le plus de dommages en accusant le maire de « polluer la vie des conducteurs » avec son tramway et le concept de rue partagée.

« On fait avec la personnalité de chacun », a lancé un membre du gouvernement en soupirant, visiblement mécontent de son collègue Caire.

Cette attitude est incompréhensible.

Depuis le départ de Régis Labeaume, Geneviève Guilbault a martelé que c’était la fin des rivalités contre-productives. 

Maintenant parti celui qui avait brûlé les ponts, la ministre responsable de la Capitale-Nationale parlait même, en entrevue avec Le Journal au début de l’année, d’un triangle « complètement harmonieux », entre elle, Bruno Marchand et le maire de Lévis Gilles Lehouillier. 

Elle veut rassembler tous les élus de la grande région pour un forum ce printemps, afin de les unir autour de sa vision de pôle de développement économique.

Taper sur un des leurs est-il censé être une façon d’attirer les convives ? Sûrement pas.

Mauvaise séquence

Cette apparente mise en tutelle d’un projet municipal a même suscité une vague de sympathie d’élus de tout le Québec à l’endroit du maire Marchand.

En une semaine, la CAQ a donc réussi un tour du chapeau.

Elle a fait elle-même ombrage au budget d’Eric Girard devant être un moment fort de sa dernière session, a bousillé sa relation avec le nouveau maire de Québec, et s’est mis à dos bien des élus municipaux, à quelques mois de l’élection.

Faut le faire !

Pendant ce temps, ce sont deux anciens ministres libéral et péquiste appréciés qui font une démonstration de leadership pour la grande région de la Capitale-Nationale.

Sam Hamad et Agnès Maltais ont effectué une sortie commune inspirante pour la relance du joyau que constitue le Mont-Sainte-Anne, laissé à l’abandon par son propriétaire de l’Ouest canadien.

La semaine dernière, le gouvernement Legault a très mal paru en raison de son mécanisme liant les hausses de tarif d’électricité à l’inflation.

Cette semaine, il a fait faire une sortie de route au budget Girard en provoquant une collision frontale avec le maire de Québec.

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