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L’entente PLC-NPD, maudite ou salutaire?

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Photo d'archives, AFP Justin Trudeau et Jagmeet Singh se serrent la main après le débat des chefs en français, en octobre 2019.

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Le Parti libéral du Canada et le Nouveau Parti démocratique ont conclu une entente qui assurera la survie du gouvernement minoritaire Trudeau jusqu’en 2025.

Saluée par certains et honnie par d’autres, cette alliance PLC-NPD comporte l’avantage d’assurer un gouvernement stable tout en s’appuyant sur un plus fort pourcentage d’électeurs.

L’entente répond aux volontés des libéraux de se maintenir au pouvoir, elle permet également aux néo-démocrates de donner leurs couleurs à la gouvernance.

La multiplication des partis présents dans l’enceinte parlementaire entraînera probablement d’autres ententes du même type dans le futur.

Cette conjoncture démontre que notre mode de scrutin uninominal à un tour est devenu obsolète et crée des distorsions dans l’attribution des sièges dans les enceintes parlementaires.

Le pacte conclu entre libéraux et néo-démocrates n’est pas une panacée. Il fera cependant œuvre utile s’il ravive l’idée de réformer le régime électoral !

L’arrogance en moins

Dans l’actuel mode de scrutin, un parti peut recueillir la majorité des sièges avec moins de 40 % de l’électorat.

Au provincial, la CAQ a amassé 74 sièges à l’Assemblée nationale avec seulement 37,4 % des votes.

Justin Trudeau se retrouve à la tête d’un gouvernement minoritaire avec un score inférieur aux conservateurs pour le vote populaire.

Le premier ministre du Canada doit composer avec le NPD pour s’assurer une majorité en Chambre. De son côté, François Legault cultive l’arrogance avec sa majorité dans l’enceinte parlementaire et une minorité de l’électorat qui lui a été favorable.

Le PLC et le NPD cumulent plus de 50,4 % du vote populaire. Le pourcentage de sièges est comparable. La légitimité s’en trouve accrue et l’arrogance se range au placard.

Fort probablement qu’avec des obligations de concertation plus élevées avec l’opposition, monsieur Legault et son équipe se montreraient plus réservés dans l’insulte.

Ils ne planteraient pas inutilement le maire de Québec ; ils laisseraient mère Teresa au paradis ; ils distribueraient les chèques avec plus d’équité ; etc. 

Malheureusement, le premier ministre abhorre les contre-pouvoirs et veut diriger le Québec comme une compagnie qui lui appartiendrait !

Question d’éthique

L’alliance PLC-NPD a le mérite de raviver la réflexion sur le mode de scrutin.

Le Mouvement Démocratie Nouvelle a déposé une plainte à la commissaire à l’éthique pour le non-respect des engagements pris par le premier ministre de réformer le mode de scrutin.

La société que nous voulons se définit de plus en plus difficilement et se retrouve à la merci du clientélisme électoral. L’attitude de nos politiciens et la crise sanitaire aggravent la fragmentation sociale alors qu’il y a nécessité de se serrer les coudes.

Ce n’est pas dans nos mœurs politiques, mais de nombreux pays sont dirigés par un gouvernement constitué d’une coalition de partis. C’est le cas de l’Allemagne souvent citée comme modèle d’efficacité.

Y a-t-il cependant assez de politiciens qui s’élèvent au-dessus de leurs intérêts particuliers afin de servir le peuple en lui donnant un gouvernement reflétant les différents courants qui le traversent ?

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