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Orphelinat du Mont d’Youville: l’archevêque de Québec invité de force dans le débat

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Alléguant que l’archevêque de Québec avait tous les pouvoirs pour prévenir ou mettre fin aux abus physiques et sexuels soulevés par les quelque 500 pensionnaires de l’orphelinat du Mont d’Youville, le Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries a fait une demande pour que l’autorité suprême de l’Église catholique à Québec soit aussi également visée par le recours collectif.

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Dans ce qui ressemble à un jeu d’échecs entre les défendeurs visés par l’action collective des victimes alléguées du Mont d’Youville, le Centre de services scolaire a intenté une nouvelle procédure contre l’archevêque de Québec pour se protéger en cas de défaite.

Le Centre de services scolaire a demandé que l’Église catholique à Québec soit placée en arrière garanti. 

« Une farce monumentale »

« Ça devient une farce monumentale », lâche cependant Jean Simard, un ex-représentant du groupe toujours étroitement impliqué dans les démarches. « Ils s’obstinent entre eux, ils s’accusent les uns les autres ». 

Jean Simard, Ex-représentant des victimes alléguées
Photo Stevens LeBlanc
Jean Simard, Ex-représentant des victimes alléguées

Ce débat complexe a débuté en août 2020, lorsque le juge a autorisé une demande d’action collective des représentants des victimes alléguées du Mont D’Youville contre les Sœurs de la Charité.

Puisque l’établissement avait été cédé au gouvernement du Québec en 1996 avec tous les droits et obligations que cela impliquait, les Sœurs avaient donc appelé en garantie le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le Centre de services scolaire. 

L’objectif était essentiellement d’inclure des entités responsables des fautes au cas où la Cour supérieure reconnaît les abus physiques et sexuels allégués par 500 pensionnaires entre 1925 et 1996. Un total de 95 agresseurs présumés sont visés par la poursuite, dont 67 religieux. 

Autorité morale

La réplique du Centre de services scolaire a été déposée la semaine dernière au palais de justice sous la forme d’un acte d’intervention forcée par appel en garantie contre l’archevêque catholique romain de Québec.

Selon la requête déposée, l’archevêque détenait « toute l’autorité et tous les pouvoirs nécessaires » pour empêcher ou arrêter les abus commis contre les jeunes à l’époque. 

Ainsi, il devrait « assumer la pleine responsabilité d’une condamnation éventuelle, de par son rôle autoritaire et moral auprès des Sœurs de la Charité ».

Pour Jean Simard, bien que l’ajout de l’archevêque de Québec revêt un côté symbolique, cette nouvelle procédure n’est pas une bonne nouvelle notamment en raison des délais qui risquent de s’allonger.

Pour sa part, l’avocat qui représente le Centre de services scolaire, Me Bernard Jacob, assure qu’il a le mandat de ne pas retarder les procédures par respect pour les victimes alléguées. 

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