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15 priorités à retenir sur la réforme du réseau de la santé

Le gouvernement veut implanter plusieurs mesures d’ici 2025

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Accès rapide à une clinique médicale, plus de chirurgies, moins de bureaucratie: un ambitieux chantier de 50 priorités se met en branle pour réformer d’ici 2025 le mammouth qu’est devenu le réseau de la santé du Québec. «Les Québécois méritent un meilleur système de santé», a lancé le ministre de la Santé, Christian Dubé, mardi. Malgré l’ampleur du défi qui se dresse devant lui, le ministre a assuré que «les sceptiques seront confondus». Le Journal présente ici 15 éléments clés de l’amélioration promise par le gouvernement.

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LE PATIENT AURA SON MOT À DIRE

Si le gouvernement compte rendre les gestionnaires du réseau de la santé plus imputables des ratés du système, les patients seront aussi appelés à contribuer.

Le ministre Dubé a souligné que le prochain guichet d’accès pour la première ligne sera aussi «un endroit où on peut même donner une évaluation du service qu’on vient de recevoir». Afin d’être plus efficace, le réseau devra notamment mesurer la satisfaction de la clientèle.

DE MEILLEURS MILIEUX DE SOINS

Des milieux de vie «à échelle humaine» seront au cœur des constructions dans les prochaines années, comme les maisons des aînés promises par le gouvernement.     

On veut aussi éliminer les chambres multiples (à deux, trois ou même quatre patients), ce qui réduit la transmission des infections, surtout dans les CHSLD.  

Photo Agence QMI, Joël Lemay

DES CENTRES DE COMMANDEMENT 

Un modèle que le gouvernement compte implanter à grande échelle est celui du centre de commandement déployé à Montréal par l’Hôpital général juif.

Il est composé de personnes clés, en santé mentale, en réadaptation ou en soutien à domicile, qui travaillent ensemble pour s’assurer qu’une personne qui reçoit son congé de l’hôpital continue de recevoir des services appropriés. L’objectif est de diminuer la pression sur les urgences. M. Dubé a indiqué que 25 hôpitaux de la grande région de Montréal ont commencé à mettre ce système en œuvre. 

FINANCEMENT AXÉ SUR LE PATIENT 

Un grand changement s’opère dans la façon de gérer les soins: le financement suivra le patient. Le principe veut que le malade puisse davantage choisir où il reçoit ses soins, et le budget nécessaire le suivra. Cette vision défait ainsi l’idée qu’un hôpital doive respecter un budget prédéterminé sans prise en compte des besoins réels. Or, ce changement se fera à petits pas.  

UN ORDRE PROFESSIONNEL POUR LES «PARAMÉDICS»

Après de nombreuses années à le réclamer, les ambulanciers paramédicaux auront droit à la création d’un ordre professionnel. Souvent débordés par les appels d’urgence, les professionnels de la première ligne pourront notamment décider s’ils transportent un patient ou pas vers un hôpital. Ce changement pourrait permettre de diminuer la pression sur le réseau, en y envoyant uniquement les cas urgents. On promet aussi de revoir l’efficacité du système préhospitalier.  

DES REPAS MANGEABLES 

Parmi toutes les mesures visant à améliorer la qualité de vie des aînés en CHSLD, le gouvernement assure que la nourriture est au cœur des changements à venir. Les plats froids ou peu ragoûtants décriés depuis des années par les résidents et leurs proches seront chose du passé. Le gouvernement promet des «gestes concrets» et rappelle avoir mandaté l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec pour améliorer l’offre alimentaire. 

UN MODÈLE À SUIVRE

Le CLSC de Verdun à Montréal est le seul au Québec à disposer d’une équipe médicale offrant des soins palliatifs à domicile. Le gouvernement compte s’en inspirer pour les étendre partout en province.

«Ça existe déjà, mais malheureusement, ce n’est pas appliqué partout», s’est désolé Christian Dubé. Lorsqu’une seule infirmière se rend à domicile, elle doit obligatoirement confier le cas du patient à l’hôpital si elle voit que son état se dégrade ou que la médication devrait être ajustée. 

Or, l’équipe médicale palliative à domicile du CLSC de Verdun permet à 12 médecins de suivre 1100 patients et d’éviter de pénibles séjours à l’urgence. 

FINI LES HEURES SUPPLÉMENTAIRES OBLIGATOIRES

Promesse électorale que la CAQ a été incapable de tenir, le ministre Dubé a réitéré l’engagement du gouvernement de mettre fin au temps supplémentaire obligatoire (TSO), tant décrié par les infirmières. Même s’il admet que le TSO sera inévitable à l’occasion, il doit devenir l’exception et non un mode de gestion, a-t-il assuré. Le gouvernement a même ajouté que le recours au TSO sera suivi et mesuré pour savoir où cela représente un problème. Par contre, il n’y a aucun échéancier. 

SE COMPARER AUX MEILLEURS

Le temps des données gardées secrètes est révolu, a soutenu le ministre Dubé. Québec va partager les données de son réseau de la santé avec l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) et d’autres organisations autonomes afin de comparer sa performance avec celle des autres provinces. Auparavant, le Québec était presque toujours exclu des comparaisons menées par l’ICIS, notamment. 

INFORMATISATION DU RÉSEAU

Le gouvernement veut encourager des initiatives comme le site internet Clic Santé, qui s’est avéré fort utile en pandémie pour la prise de rendez-vous de vaccination. On veut aussi permettre aux patients d’avoir un accès direct à leur dossier (Dossier santé numérique), et aux professionnels de pouvoir consulter plus de données. La cybersécurité devrait aussi être priorisée. Mais le ministre Dubé n’a pas promis la fin du télécopieur d’ici 2025.
 

  

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Monsef Derraji sur QUB radio:   

 

GUICHET D’ACCÈS À LA PREMIÈRE LIGNE (GAP)

Les Québécois sans médecin de famille pourront prendre un rendez-vous d’urgence en clinique dans un délai de 36 h à 72 h. Déjà implanté au Bas-Saint-Laurent, le GAP sera déployé dans toutes les régions. Dès la fin de l’été, 50% des patients orphelins devraient y avoir accès. Tous les GMF seront connectés au système d’ici la fin avril. Les patients pourraient être traités par un autre professionnel de la santé qu’un médecin. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

 

4000 LITS DE PLUS

Le ministre Dubé veut doter le réseau de la santé d’environ 4000 lits d’hôpitaux supplémentaires. «On a vu [pendant la pandémie] comment les lits sont importants», a-t-il souligné. Il compte aller chercher les 2000 premiers lits de plus en recrutant davantage de personnel, car actuellement, des lits sont fermés par manque d’employés. Les 2000 autres lits proviendront des nouvelles constructions ou agrandissements, comme à Vaudreuil-Soulanges. 

LE PRIVÉ EN RENFORT

Sans donner un objectif précis, le gouvernement va s’appuyer sur le privé pour rattraper son retard dans les chirurgies. 

Dans la dernière année, 87 000 chirurgies ont été faites par des cliniques privées, sans frais pour les patients, soit environ 14% des opérations réalisées annuellement dans la province. Avec la pandémie, 160 000 personnes attendent, dont environ 20 000 depuis plus d’un an. Christian Dubé veut l’aide du privé pour réduire cette liste.

Il compte aussi augmenter l’apport des pharmaciens pour accélérer l’accès aux soins, comme lors de la campagne de vaccination contre la COVID-19, par exemple. 

DÉCENTRALISER LA GESTION

Le gouvernement vise une «transformation radicale de la gouvernance» pour décentraliser la gestion, et ainsi donner plus de pouvoirs aux gestionnaires le plus près du terrain. «Le ministère est trop engagé dans la gestion courante des opérations», lit-on. Un exemple: des gestionnaires de proximité ont été nommés dans chaque CHSLD pour faciliter la prise de décisions et renforcer l’imputabilité.  

VERS UNE RÉMUNÉRATION MIXTE

Les omnipraticiens n’auront plus uniquement une rémunération à l’acte, mais aussi en partie fixée (la capitation). Cette façon de payer prend en compte la clientèle globale du professionnel, et encourage davantage les médecins à voir des patients vulnérables. Le changement devrait s’opérer au printemps 2023, à la signature d’un nouveau contrat de travail.          

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