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Appui de 69% à la rue partagée: un chiffre qui ne vaut rien, critique Mercier

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Le chef de Québec 21, Éric Ralph Mercier, n’accorde aucune crédibilité au chiffre de 69 % d’appui pour la rue partagée sur René-Lévesque dans le cadre du projet de tramway, un sentiment partagé par des experts qui invitent à la prudence dans l’interprétation des résultats.

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Pour le chef de la deuxième opposition à l’Hôtel de ville de Québec, ouvertement anti-tramway, les résultats dévoilés par la Ville de Québec mercredi ne valent rien. «C’est un questionnaire ciblé pro-tramway. La méthodologie manquait de rigueur. C’était organisé avec le gars des vues», a-t-il décrié.    

Avant même de connaître les résultats, des experts joints par Le Journal servaient déjà une mise garde, rappelant qu’ils émanent d’un questionnaire en ligne, ouvert à tous.  

«Il faut prendre ça pour ce que c’est dans le fond... On n’appelle pas ça un sondage; on appelle ça une consultation. Ça ne veut strictement rien dire sur l’appui de l’ensemble de la population. Rien», tranche la spécialiste en méthodologie des sondages Claire Durand, professeure de sociologie à l’Université de Montréal.   

Cela ne signifie pas pour autant que l’exercice n’est pas pertinent puisqu’il fournit une tonne d’informations sur les préoccupations des citoyens, nuance-t-elle. «Les consultations, ça donne de l’information, surtout si on a mis des questions ouvertes. Ce n’est pas complètement inutile mais ça ne sert pas à valider l’acceptabilité sociale», insiste-t-elle, contrairement à véritable sondage scientifique.  

Philippe Dubois, doctorant en science politique à l’Université Laval, partage son constat. «On n’a pas des données probantes pour porter un jugement définitif sur l’état de l’opinion publique à ce moment-ci sur le concept de rue partagée. C’est une donnée de plus, qui est imparfaite, qui a des limites méthodologiques importantes mais qui, en même temps, exprime un point de vue. Il faut le prendre comme ça.»  

«Interférence» des groupes écolos

Le conseiller de Québec 21 Jean-François Gosselin a quant à lui dénoncé «l’interférence» du lobby pro-tramway durant le processus de consultation publique. Il a dénoncé un courriel expédié par Étienne Grandmont d’Accès transports viables à d’autres organisations et militants pro-tramway, les invitant à remplir en grand nombre le questionnaire de la Ville et à s’inspirer au besoin d’un «guide» rédigé par J’ai ma passe.      

«C’est l’équivalent de fournir des réponses avant de passer un examen», a-t-il pesté. Joint par Le Journal, Étienne Grandmont se défend d’avoir soufflé des réponses précises aux partisans du tramway.   

«Ce n’est pas un guide, ce sont des éléments de réflexion sur ce qui a été fait. Après ça, les gens en font ce qu’ils veulent. On n’’essaie pas d’influencer les résultats. On essaie de rendre l’information disponible aux gens à l’effet qu’il y a un questionnaire en ligne sur le tramway et que leur avis compte», a-t-il exposé. 

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Une mobilisation «normale» 

Il ne cache pas, cependant, qu’il a bel et bien interpellé tout son réseau de contacts, comme il le fait régulièrement pour des consultations sur d'autres enjeux. La mobilisation, rappelle-t-il, fait partie intégrante de la mission de son organisme qui fait la promotion de la mobilité durable.   

«Je n’ai pas d’inquiétudes que des gens qui sont très critiques du tramway utilisent aussi le sondage pour faire valoir leur point de vue. Il y a des gens qui se mobilisent contre le projet, d’autres pour le projet et je trouve ça tout à fait sain. Ce n’est pas un détournement. Ça reste un sondage ouvert à tous.»   

Pour Philippe Dubois, de l’Université Laval, l’offensive des groupes de pression n’a rien d’étonnant. Elle est même «normale» dans un tel contexte, pour un projet aussi polarisant. Elle illustre simplement les limites d'un tel exercice, invitant à prendre les chiffres avec un grain de sel.   

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